jeudi, 22 mai 2008

Congrès: la gauche du PS s'organise

PARIS, 21 mai 2008 (AFP)

Le Nouveau Parti socialiste (NPS, Henri Emmanuelli et Benoît Hamon) engage la bataille du Congrès de novembre sous la bannière "Reconquêtes", en tenant des forums régionaux qui serviront à bâtir sa contribution pour ce rendez-vous triennal.

Huit forums se tiendront en région du 24 mai au 21 juin, «autour de propositions concrètes soumises au débat», selon une présentation écrite à la presse. Ils seront animés par Benoît Hamon, député européen, Henri Emmanuelli, député des Landes, Razzy Hammadi, secrétaire national du PS et Bruno Julliard, adjoint au maire de Paris et ex-président de l'UNEF.

Un site internet interactif http://www.reconquetes.eu/, ouvrant la possibilité de proposer des vidéos, sera ouvert le 28 Mai.

Le préambule de la contribution, rendu public mercredi, donne les principaux axes des options politiques que la gauche du PS défendra au congrès.

«L'avenir du PS ne peut pas être le passé de la social-démocratie européenne» qui «a enregistré 13 défaites lors des 15 derniers scrutins nationaux» sur le Vieux continent en présentant «une offre politique sociale libérale», affirme le préambule.

«Sans nier la nécessité de l'effort collectif, la gauche ne peut plus se contenter au nom d'une prétendue responsabilité de rejoindre la droite sur le but et le contenu des réformes structurelles, se distinguant seulement sur les dosages ou l'agenda», poursuit le texte.

Pour MM. Emmanuelli, Hamon et leurs amis, il faut «surtout éviter un nouveau congrès de Rennes, qui propose le choc de deux profils sans différence majeure de ligne», une allusion à Bertrand Delanoë et Ségolène Royal.

La contribution du NPS proposera par ailleurs de «promouvoir la préférence communautaire pour lutter contre les délocalisations».

mardi, 25 mars 2008

Municipales : les électeurs veulent une gauche de gauche

Tribune parue dans Le Monde daté du 26 Mars 2008 
par Henri Emmanuelli et Benoît Hamon
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irer les leçons d’une consultation électorale est un devoir primordial pour une formation politique, a fortiori pour le Parti socialiste qui a été l’acteur majeur de la victoire de la gauche dimanche 16 mars.

La première leçon est simple. Elle se lit dans la sécheresse des résultats : la droite a subi une déroute lors de ces élections municipales. Les 58 villes de plus de 20 000 habitants conquises par la gauche traduisent l’ampleur de cette défaite. Il peut sembler banal de l’affirmer mais cela est nécessaire tant l’impudence, voire l’autisme des ministres et des dirigeants de l’UMP sur les plateaux de télévision confinait au déni de réalité. Le nombre de villes conquises donne une dimension incontestablement nationale à cette défaite.

La seconde leçon concerne le "rôle central" que prétendait exercer le MoDem au centre de notre échiquier politique. A force de vouloir être partout à la fois, le MoDem n’a fini nulle part. La plupart du temps il est resté dans le giron de ses alliés traditionnels de droite, sans lesquels il n’aurait pas conservé le peu de municipalités dont les électrices et les électeurs lui concèdent encore la gestion. En entendant François Bayrou, au soir du premier tour, appeler en vain les électeurs palois à faire barrage aux "socialo-communistes", il nous revenait en mémoire cette définition que François Mitterrand donnait du centre dont il affirmait, non sans humour, qu’il n’était "ni de gauche ni de gauche".

A contresens de l'histoire

Nous serions donc bien avisés de stopper rapidement une inutile et grotesque "danse du centre" et de laisser François Bayrou à sa stratégie électorale narcissique. Le scrutin municipal a eu cette vertu de démontrer l’absence d’efficacité électorale de l’alliance avec le MoDem, ce qui ne signifie pas qu’il faille renoncer à parler à ses électeurs. Si le MoDem décide de rejoindre le camp de la gauche et ses valeurs progressistes, il sera le bienvenu. Cette décision lui appartient, mais n’appartient qu’à lui. En attendant, nous avons mieux à faire.

Ce que nous avons à faire, et cela sera notre troisième et dernière leçon provisoire, est de constater le glissement à gauche de notre électorat. Partout où la gauche était rassemblée, elle réalise de très bons scores. Quand elle était divisée de notre fait, alors communistes, écologistes ou extrême gauche réalisaient des scores qu’il serait absurde d’ignorer. Finalement nous sommes dans une figure classique de notre vie politique accompagnée d’une donnée nouvelle.

La figure classique est celle de la bipolarisation entre la gauche et la droite. Une bipolarisation dont nous n’hésitons pas à affirmer qu’elle est saine pour notre démocratie, qui a besoin d’options différenciées et de confrontations d’idées et de projets.

La nouveauté est celle d’une radicalisation d’une partie de notre électorat qui s’explique aisément par l’inquiétude croissante devant la dégradation des conditions de vie des classes populaires et, phénomène nouveau, des classes moyennes. Les socialistes risqueraient de passer à côté de l’essentiel s’ils ne tiraient pas rapidement les conséquences qui s’imposent de ce message adressé par les Françaises et les Français. Un message qui risque de s’amplifier tant les perspectives économiques mondiales sont inquiétantes. La crise de très grande ampleur que traverse le système financier international, et qui menace désormais d’entraîner l’économie mondiale dans la spirale de la récession, marque assurément la fin des illusions de la globalisation financière et de la libéralisation effrénée du commerce international.

Alors qu’aux Etats-Unis, en Angleterre et, demain, en France et en Europe les dirigeants seront soumis à la nécessité de prendre des mesures radicales de sauvetage du système bancaire et de se tourner vers des formes nouvelles de régulation publique de l’économie, il serait paradoxal que la gauche française, en quête d’une illusoire modernité, "mue" à contresens de l’histoire.

Nous assistons à la fin de la domination culturelle du libéralisme et du capitalisme financier. Cela constitue une opportunité sans précédent de faire avancer nos idées progressistes. C’est ce à quoi nous invitons le Parti socialiste et ce à quoi nous consacrerons notre énergie dans les semaines et les mois à venir, avec toutes celles et tous ceux qui le souhaitent.

vendredi, 18 janvier 2008

La lettre - Janvier 2008

L’année qui s’engage s’annonce importante pour la gauche et le parti socialiste. Elections municipales, opposition plus que jamais nécessaire et audible face à la politique de Nicolas Sarkozy, présidence française de l’Union Européenne, ratification du mini traité européen, congrès de notre famille politique, autant de rendez-vous à l'occasion desquels les femmes et les hommes de gauche attendent de nous que nous portions leurs espérances et retrouvions le sens du collectif.

La première chose que nous devons faire pour être à la hauteur de ces attentes est de remettre les choses à l’endroit.

Nous n’acceptons pas le monde tel qu’il est à nos yeux.

Le président de la république peut gesticuler, multiplier les annonces, rien ne doit faire oublier que de plus en plus de Français souffrent de la politique qui est menée par l’actuel gouvernement.

A travers les élections municipales et cantonales, nous devons incarner une cohérence politique et faire de ce scrutin la première pierre de ce qui nous amènera à reconquérir le pouvoir en 2012.

Pour faire face et réussir, nous devons refaire le choix du collectif et être en cohérence avec ce qui fait l’identité de notre famille politique.

Notre parti souffre aujourd’hui d’une triple crise. Absence de projet politique cohérent, absence de règle qui définisse au sein même du PS notre fonctionnement collectif et crise de leadership.

Cela ne se réglera pas par l’intervention d’une femme ou d’un homme providentiel, pas d’avantage par le seul effet d’une victoire électorale, nécessaire, aux élections de Mars prochain.

L’espoir à Gauche se relèvera à force de travail, il dépendra de notre capacité à incarner une alternative. La première étape se déroule en mars, suivra ensuite le congrès de notre parti qui devra clarifier à la fois notre orientation, notre stratégie de conquête du pouvoir et notre leadership.

Voilà ce que sont les défis de ces premiers mois pour 2008, ils sont nombreux, mais ayons confiance en nous, la reconquête passe aussi par là ! 

NPS La lettre - Janvier 2008

vendredi, 11 janvier 2008

Henri Emmanuelli parle de "grossier stratagème" du PS

Dépêche AFP

PARIS, 10 jan 2008 (AFP) - Le boycott par le PS du congrès de Versailles est une "manoeuvre pitoyable" et un "grossier stratagème" pour "tromper" les Français, s’est insurgé l’ex-ministre socialiste Henri Emmanuelli dans une lettre au président du groupe PS à l’Assemblée, Jean-Marc Ayrault.

"Je ne te cacherai pas que je vis difficilement cette manoeuvre pitoyable", écrit M. Emmanuelli dans sa lettre à M. Ayrault communiquée à l’AFP.

"Je te demande donc de renoncer à ce grossier stratagème et d’assumer tout simplement tes convictions. Si tu es hostile à la consultation du peuple français par référendum, va à Versailles et vote pour la révision constitutionnelle !", lance le député des Landes au député-maire de Nantes.

M. Ayrault a annoncé mardi que les députés PS boycotteraient le Congrès de Versailles du 4 février qui doit approuver la révision de la Constitution avant la ratification du traité européen de Lisbonne.

M. Ayrault et François Hollande veulent ainsi protester contre une ratification parlementaire du traité, et non par référendum.

Cette décision a horripilé les partisans du référendum et du non, dont M. Emmanuelli.

"Expliquer aux camarades que notre position serait cohérente au motif que nous déposerions une motion référendaire (à l’Assemblée) après avoir +boycotté+ le congrès de Versailles est un peu gros", ajoute-t-il, rappelant que la motion n’a "absolument aucune chance d’être adoptée" car le PS est minoritaire.

"Il s’agit donc d’une proposition totalement factice visant à embrouiller les esprits et, au-delà, à tromper nos concitoyennes et nos concitoyens", selon M. Emmanuelli.

M. Emmanuelli réagissait à un argumentaire de M. Ayrault sur la ratification du traité de Lisbonne. Cette note n’a pour l’instant été envoyée qu’à trois personnes, indique-t-on dans l’entourage de M. Ayrault.

"Tu sais mieux que personne qu’il n’y a qu’un moyen, et un seul" d’obtenir un référendum, "c’est d’empêcher l’aboutissement de la révision constitutionnelle à Versailles", lance encore M. Emmanuelli.

M. Emmanuelli a invité les parlementaires socialistes à se réunir mardi prochain pour décider d’une "action" pour la tenue d’un référendum.

mercredi, 19 décembre 2007

Les socialistes et le marché

Intervention de Liêm Hoang Ngoc au Forum de la Rénovation | 15 décembre 2007 matin
Une offensive idéologique sans précédent tente de discréditer les idées socialistes. Elle assimile encore le socialisme au modèle soviétique. Elle somme la gauche de se convertir à l’économie de marché, qu’elle réduit au capitalisme anglo-saxon. Les socialistes n’ont jamais eu de problème avec le marché. Ils ont toujours été fâchés avec le capitalisme, surtout lorsqu’il planifie le pouvoir économique des nouveaux rentiers. Ce débat est déjà ancien. Un futur jeune Premier ministre en avait fait la synthèse, il y a près de trente ans, en proclamant qu’entre le plan et le marché, il y a le socialisme !

mardi, 11 décembre 2007

Référendum

Par Benoît Hamon. Paru ce jour dans les pages de "L'Humanité"

"Curieuse circonstance que celle qui exalte le besoin d’une démocratie participative mais s’accommode ou justifie la ratification dans le dos du peuple du traité simplifié européen. C’est le trait d’une époque dont les représentations sociales et politiques sont brouillées. Au nom de la modernité, on veut remettre en cause les cadres de pensée traditionnels et c’est la souveraineté populaire que l’on sacrifie en premier. L’imposture est complète.

Le choix de la ratification parlementaire est la contrepartie donnée par Nicolas Sarkozy au gouvernement allemand, méfiant à l’égard du traité simplifie, mais plus inquiet encore d’une nouvelle expression des aspirations du peuple français si proches de celles du peuple allemand.

Le choix de la ratification parlementaire est surtout le reflet de la crispation cynique d’un pouvoir qui redoute plus que tout le verdict du peuple à l’égard d’une politique passée, présente et future qui désosse méthodiquement les instruments de redistribution et le modèle social de notre pays.

L’exigence d’un référendum est capitale pour la gauche française car elle démontre qu’elle ne renonce ni à la construction européenne ni à être l’interprète de la volonté populaire. Reconstruire une espérance à gauche commence par remettre simplement les choses à l’endroit. À cette étape du débat politique européen, la seule réponse valable pour la gauche est de réclamer que, là où le peuple a dit « non », il est le seul arbitre légitime à décider s’il confirme ou pas son choix."

dimanche, 25 novembre 2007

Nous voulons un référendum

signez

mardi, 20 novembre 2007

Communiqué de presse de Benoît Hamon

Depuis vendredi, les signes d’ouverture se multiplient à l’initiative des organisations syndicales. Elles sont unanimes à demander l’ouverture des négociations tripartites par entreprise pour mettre fin à la grève dans les transports. Ce à quoi le gouvernement qui rajoute chaque jour de nouveaux préalables à l’ouverture des négociations oppose une fin de non recevoir.

En orchestrant des messages gouvernementaux différents selon qu’il s’agisse du ministre du travail, du Premier Ministre ou de conseillers du Président de la République, le gouvernement joue un jeu dangereux loin de la promesse de campagne de Nicolas Sarkozy de « république apaisée ». Le pouvoir confirme qu’il a choisi le pourrissement et la radicalisation du mouvement.

En dépit du sens des responsabilités remarquable des salariés grévistes et de leurs organisations syndicales, la grève se poursuit en raison du calcul cynique d’un gouvernement qui parie sur l’impopularité du mouvement actuel.

De samedi inclus à mercredi prochain, ce sont 5 jours de grève supplémentaires qui sont imputables au seul gouvernement.

La méthode Sarkozy du pompier pyromane est connue. Elle avait déjà traumatisé les banlieues en novembre et décembre 2005. C’est encore cette logique du conflit que choisit le gouvernement au moment d’engager immédiatement après la remise en cause des régimes spéciaux, le démantèlement du modèle social français.

Pour toutes ces raisons, je me joindrai à la manifestation unitaire du 20 novembre afin de témoigner de ma solidarité avec le mouvement des salariés et des étudiants.

lundi, 19 novembre 2007

Argumentaire - Traité de Lisbonne : que faire ?

Un argumentaire à lire :

argumentaire à propos du traité

 

 

mercredi, 31 octobre 2007

Vert à Paris / gris à Strasbourg... par Benoît Hamon

Quelques jours après les premières conclusions du Grenelle de l’environnement, je veux sur ce blog mettre en regard les engagements du Président de la République et les votes émis par ceux qui le soutiennent, les députés UMP, au Parlement Européen à l’occasion de l’adoption de plusieurs textes importants mettant en jeu la protection de notre environnement.

L’UE a en effet des compétences très étendues en matière d’environnement. Plusieurs textes ont fait l’objet de discussions et de votes en commission ou en plénière lors de la session de Strasbourg la semaine dernière :

Lundi soir en commission des affaires économiques et monétaires, les députés votaient une résolution sur les grandes orientations de politique économique de l’Union Européenne.Deux lignes d’un compromis proposé par les socialistes et les libéraux appelait la commission à « inclure les questions environnementales dans les stratégies de politique économique », ce qui d’ailleurs relève autant du bon sens  pour les bénéfices économiques attendus d’un investissement massif dans le domaine de la protection de l’environnement que de l’intérêt supérieur devant  le danger mortel d’une dégradation irréversible du climat.Pourtant le groupe PPE (conservateurs) et sa composante UMP a voté contre et a obtenu une majorité pour écarter cet amendement.

Mardi midi en plénière cette fois, lors du vote sur la directive sur l’utilisation durable des pesticides, le PPE, toujours avec le soutien de l’UMP, a voté contre le principe d‘objectifs chiffrés de réduction de l’utilisation des pesticides.Dans le même temps, Nicolas Sarkozy annonçait l’objectif d’une réduction de 50% en 10 ans !!!

Mercredi midi en plénière, une nouvelle fois, PPE (conservateurs ) et ALDE  (libéraux) rejetaient un article favorable à la réduction chiffrée des émissions de CO2 pour les véhicules personnels sous les applaudissements des lobbies automobiles et industriels.

C’est tout pour la semaine dernière. Mais c’est tellement en décalage avec le show Sarkozy sur l’environnement que cela méritait d’être souligné.

(extrait du blog de Benoît Hamon)