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jeudi, 29 mai 2008
Essonne : la Lettre de Juin 2008
À travers les récentes séquences électorales, en France (nationales et locales), en Europe (Italie, Allemagne, Royaume-Uni…), et dans le Monde (Amérique latine), les socialistes ont pu faire l’expérience des défaites de la gauche dispersée, sans ligne claire et identifiable, et l’expérience des victoires de la gauche unie autour de ses fondamentaux et de l’affirmation de l’interventionnisme au service de l’émancipation et de la protection des citoyens.
Dès lors, le socialisme moderne ne sonne pas de la même façon dans toutes les bouches.
Lorsque pour d’autres il doit composer avec la globalisation financière et négocier des « marges sociales », il doit pour nous s’élever nécessairement comme un régulateur, qui aurait plutôt vocation à « dé-libéraliser » la production des richesses et en encadrer la redistribution.
Le socialisme moderne, tel que nous l’entendons, n’est donc pas un socialisme de circonstance, résigné et sans finalité.
Le socialisme moderne, c’est l’espoir des peuples.
Montrons-nous dignes de l’engagement qui est le nôtre, auprès des 9/10èmes de la population mondiale, « privés de gâteau » et écologiquement sinistrés. Elaborons les stratégies économiques vertueuses.
Faisons émerger, ici, en France, une offre politique à la hauteur des enjeux. Le PS d’aujourd’hui incarne-t-il cet espoir ? Le congrès de Reims permettra-t-il à nombre d’entre nous d’affirmer ce choix politique, ou nous restituera-t-il le spectacle habituel dont les médias s’emparent, à juste titre, décrédibilisant nos combats militants et nos luttes ?
Parti Socialiste ou grand parti de la gauche, la machine électorale est une nécessité pour les reconquêtes à venir. Mais si chaque militant socialiste (les élus sont en principe encore des militants), faisait corps avec le mouvement social en participant à l’action syndicale, aux associations de familles et d’éducation populaire, au bénévolat social… l’armature actuelle de notre parti éclaterait en révélant la proximité physique de la revendication et du gouvernement, tous deux au service de la gauche, et nous garantirait d’infinies victoires.
Nous avons tout cela entre nos mains, aujourd’hui et demain : chacun de nous. Et la prochaine fois qu’une mobilisation sera organisée en Essonne au profit d’un combat militant, nous serons peut-être plus nombreux…
Yvan LUBRANESKI
David JACQUET
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jeudi, 22 mai 2008
Rendez-vous
Jeudi 5 Juin
à 20h30 à la Fédération du PS de l'Essonne
Benoît Hamon
présentera la contribution générale "RECONQUÊTES" aux militants socialistes de l'Essonne intéressés.14:39 Publié dans Rendez-vous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Congrès: la gauche du PS s'organise
PARIS, 21 mai 2008 (AFP)
Le Nouveau Parti socialiste (NPS, Henri Emmanuelli et Benoît Hamon) engage la bataille du Congrès de novembre sous la bannière "Reconquêtes", en tenant des forums régionaux qui serviront à bâtir sa contribution pour ce rendez-vous triennal.
Huit forums se tiendront en région du 24 mai au 21 juin, «autour de propositions concrètes soumises au débat», selon une présentation écrite à la presse. Ils seront animés par Benoît Hamon, député européen, Henri Emmanuelli, député des Landes, Razzy Hammadi, secrétaire national du PS et Bruno Julliard, adjoint au maire de Paris et ex-président de l'UNEF.
Un site internet interactif http://www.reconquetes.eu/, ouvrant la possibilité de proposer des vidéos, sera ouvert le 28 Mai.
Le préambule de la contribution, rendu public mercredi, donne les principaux axes des options politiques que la gauche du PS défendra au congrès.
«L'avenir du PS ne peut pas être le passé de la social-démocratie européenne» qui «a enregistré 13 défaites lors des 15 derniers scrutins nationaux» sur le Vieux continent en présentant «une offre politique sociale libérale», affirme le préambule.
«Sans nier la nécessité de l'effort collectif, la gauche ne peut plus se contenter au nom d'une prétendue responsabilité de rejoindre la droite sur le but et le contenu des réformes structurelles, se distinguant seulement sur les dosages ou l'agenda», poursuit le texte.
Pour MM. Emmanuelli, Hamon et leurs amis, il faut «surtout éviter un nouveau congrès de Rennes, qui propose le choc de deux profils sans différence majeure de ligne», une allusion à Bertrand Delanoë et Ségolène Royal.
La contribution du NPS proposera par ailleurs de «promouvoir la préférence communautaire pour lutter contre les délocalisations».
14:33 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, essonne, hamon, reims, congres, reconquete, preambule
mercredi, 14 mai 2008
Questions à Benoît Hamon
(entretien avec Mediapart) http://www.mediapart.fr/
L'eurodéputé socialiste et ancien président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) défend une offre politique clairement à gauche pour le prochain congrès. Très critique envers «la crise des social-démocraties européennes», Benoît Hamon regarde vers les gauches américaines et Barack Obama, appelant à un «choc fiscal» qui n'exclurait pas «la question des renationalisations». Fondateur du think-tank La Forge avec Noël Mamère, le fondateur du Nouveau parti socialiste NPS (avec Arnaud Montebourg et Vincent Peillon) souhaite que Martine Aubry le rejoigne dans son entreprise. Troisième volet de notre série d'entretiens sur l'avenir du PS, après Jean-Pierre Mignard et Manuel Valls.
Quel est votre sentiment sur l'état du socialisme aujourd'hui?
C'est d'abord une affaire de contexte global. Je suis convaincu qu'on est dans un vrai renversement de cycle. Une forme d'impasse du libéralisme, impuissant face aux crises financière, alimentaire, démographique, climatique et énergétique. Cette situation marque l'échec de la mondialisation heureuse. Et ce constat fait naître les besoins d'intervention publique et de mécanismes de redistribution. Face à cela, je trouve que le discours de mon propre parti sur la modernisation tous azimuts et le recentrage est en total décalage avec ce qui se passe.
C'est-à-dire?
On devrait anticiper l'instabilité en essayant de construire des réponses pour se dégager des marges de manœuvre. Pas dessiner un petit congrès, qui perpétuera cette tradition de rassemblement socialiste en suspension dans l'air. À Dijon (en 2005), avec le NPS, on avait mis sur la table des idées en proie avec la réalité des difficultés du pays. Quand on lit le texte proposé par Bertrand Delanoë (long silence)... on est franchement déçu. C'est un catalogue de réponses consensuelles à court terme, comme si on était au gouvernement, sans se préoccuper du chaos actuel. Moi j'estime que quand la droite nous promet un avenir sombre, on ne peut pas se permettre de proposer la grisaille en faisant croire à l'arc-en-ciel. La période actuelle présente autant d'opportunités d'émancipations collectives que de tentations de replis identitaires. Comme disait Antonio Gramsci: «Le vieux est mort et le neuf hésite à l'être. Et de ce clair-obscur peut naître un monstre.»
Comment vous positionnez-vous dans les débats sur la social-démocratie européenne?
J'ai refait mes calculs: depuis juin 2006, les partis membres du PSE comptabilisent deux victoires en quinze élections, dont l'Autriche en coalition avec la droite! C'est la débâcle. Et il n'y a pas une seule famille qui est épargnée, des Scandinaves aux Méditerranéens, en passant par les Rhénans. Cette débandade fait l'objet d'un déni total de notre part, alors que même Rasmussen (le président du PSE) dresse le constat de notre incapacité à dégager une cohérence au niveau européen. L'intellectuel collectif du PS ne regarde plus ce qui se passe ailleurs et est incapable d'analyser ses propres échecs, alors que le recentrage de nos voisins profite systématiquement à la droite dure ou aux libéraux. Seuls résistent les Espagnols, grâce à un débat ultra-clivé sur la mémoire, les questions de société ou de religions. Un vrai clivage gauche/droite…
Vous appelez à ce retour du clivage?
Objectivement, à côté de cette social-démocratie qui plonge, il y a quand même une gauche éclatante en Amérique du Sud. Certes dans un environnement bien différent, mais sur un spectre très large, de Chavez à Bachelet en passant par Lula. Ils gagnent partout! En axant leurs programmes sur la défense des droits sociaux des minorités et des populations indigènes, qui ne sont après tout pas bien différentes de nos classes moyennes et populaires. Ils assument la conflictualité de la société, quand nous voulons expliquer qu'il faut tous aller dans le même sens. Quand j'entends Gérard Collomb dire que la création de richesse passe avant la redistribution, je pense exactement le contraire. C'est d'abord une meilleure redistribution qui créera la richesse la moins inégalitaire... C'est aussi ce qu'est en train de faire Barack Obama.
Vous prenez en modèle la gauche américaine?
Et je n'hésite absolument pas à le dire: Obama est bien plus à gauche que Delanoë, sur les questions économiques et même sociales. J'y ai été en tant que vice-président du groupe de relations avec le Congrès et j'y ai rencontré des syndicats très actifs, qui œuvrent pour regagner des protections et non plus seulement amoindrir les nouvelles vulnérabilités qu'on tente de leur imposer.
Plus prosaïquement, qu'attendez-vous alors de ce congrès?
Pas le murmure habituel, du style «il faut des emplois de qualité et créer des richesses pour construire le progrès social» et autres «le PS doit être le moteur de l'Europe sociale». Si le congrès se fait sur 3 euros d'augmentation de la prime pour l'emploi par-ci, le rajout d'un trimestre de cotisations par-là ou la seule définition des métiers pénibles, cela n'en vaut pas la peine... Mais qu'espérez-vous concrètement? Qu'il se fasse sur la question du choc fiscal nécessaire pour réarmer les Etats, sur la remise en cause du pacte de croissance européen et sur les restrictions à imposer au libre-échange. Pourquoi le mot de protectionnisme serait un mot tabou, quand le développement durable est en jeu? La question, c'est: «comment reconquérir le pouvoir?» et, une fois conquis, «comment transformer la société?»
Et quelles sont vos réponses?
D'abord, pour gagner le pouvoir, il faut cliver et remettre de la conflictualité dans le débat politique. Franchement, on a l'air de quoi avec nos discours type «il faut travailler dans l'intérêt de tous», quand tout le monde est en rapport de force permanent avec son banquier, son chef d'entreprise, avec les différents services publics. Si on veut faire croire aux gens que tout le monde a les mêmes intérêts, c'est sympa mais ce n'est pas le cas. Alors on choisit les intérêts qu'il faut défendre. Et on choisit son camp. Je suis convaincu que c'est la meilleure solution de faire un parti de toute la gauche, qui fasse 30% au premier tour. Même s'il y aura une extrême gauche à nos côtés.
Mais c'est un peu le modèle italien de Veltroni, que vous décriez?
Sauf que ce serait un parti qui resterait à gauche, au lieu de l'assécher. Il y aura toujours des réservoirs de voix... Essayons donc de voir ce que ferait la majorité des Français face à deux offres politiques vraiment clivées, avec une vraie gauche face à cette vraie droite. Ensuite, il sera temps de mettre en œuvre les instruments pour revivre dans la France d'après Sarkozy. Des instruments prioritairement économiques et démocratiques. Moi je reste partisan d'une VIe République comme on l'avait promue au NPS. Et pas de marchandage misérable avec le pouvoir sarkozyste, en lui donnant les moyens d'accentuer la présidentialisation du régime, au prix de petites victoires secondaires.
Puisqu'il faut aussi parler de stratégie, quelle est la vôtre?
Je pense que nous sommes en présence de deux lignes. D'abord celle qui veut perpétuer l'orientation de la majorité de Dijon. Delanoë et Royal ne nous montrent pour l'instant pas d'autres ruptures qu'un recentrage. Puis, il y a la place pour une autre orientation, et j'espère qu'elle regroupera davantage de personnalités que la dernière fois, avec certains de ceux qui étaient dans l'éternelle motion Hollande et qui accepteront de s'engager à nos côtés. Il est indispensable que cette seconde ligne fasse le score le plus important, pour contrebalancer la haine que se vouent les deux écuries présidentielles et qui minent l'existence même du parti. Contrairement à la règle socialiste immanente, plus vous vieillissez, plus vous penchez à gauche? Oui, j'ai été rocardien à mes débuts. Mais à l'époque c'était plus confortable et c'était le temps où je mettais mes tripes d'un côté et mon discours politique de l'autre. Et puis dans un contexte particulier, deux-trois ans avant l'autonomie du MJS. Et je ne renie pas cette expérience, qui m'a apporté des fondements d'action et de pratique actuels, comme l'attention à la délibération collective. Ce “bon côté deuxième gauche”, qui fait plus confiance au cheminement collectif qu'à l'avant-garde éclairée.
Pensez-vous que votre "offre politique" sera unitaire?
J'attends de voir ce que vont donner les jeux de rôle actuels. J'ai quand même l'impression que tout le monde n'ira pas au bout et que beaucoup préparent leur recyclage. J'attends de voir ce que vont faire “les reconstructeurs” et je répondrai présent à leur invitation au meeting du 1er juin. Mais j'ai le sentiment que le courant strauss-kahnien est ouvert à tous les vents et qu'un regroupement avec les fabiusiens n'est pas si impossible. Enfin, j'espère profondément que Martine Aubry et ses amis nous rejoindront, accompagnés d'une nouvelle génération qui représente la jeunesse du parti. Afin de porter une nouvelle vague, entre "le lac de Genève Delanoë" et "le clapotis sur le lac de Genève Royal".
C'est l'ancien responsable du MJS qui parle. Quinze ans après son autonomie sous votre présidence, que répondez-vous à ceux qui stigmatisent la pouponnière de jeunes éléphanteaux?
Oui, c'est une pouponnière à cadres du parti. Ça sert à ça un mouvement de jeunesse. Quand je vois le niveau de certains de nos dirigeants, j'aurais bien aimé qu'ils soient passés dans une organisation de jeunesse. Aujourd'hui, je pense qu'il y a plus de débats politiques au MJS qu'à Désir d'Avenir ou dans une section du PS. Même s'il y a eu des hauts et des bas, le MJS a trouvé sa place dans le mouvement social, comme lors du dernier CPE. Et c'est une victoire, quand on voit l'accueil de n'importe quelle autre structure socialiste dans les collectifs ou les manifestations. Enfin, quand on voit le sort réservé aux anciens cadres du MJS, ce ne sont pas des trajectoires à la Delphine Batho ou à la Aurélie Filipetti, ou celles de ces jeunes coqs qui se tapissent dans l'ombre d'un premier fédéral en allant à la niche. Eux, ils sont généralement à la gauche du parti et si ce sont des éléphanteaux, on ne les a pas vraiment aider à sortir les pieds du marécage.
Vous avez fondé avec Noël Mamère un think-tank, La Forge, regroupant économistes et jeunes chercheurs. Actuellement, êtes-vous en mesure d'offrir quatre ou cinq idées forces comme celles de Jospin entre 1995 et 1997?
Je pense qu'on est encore flou. On est au point sur les questions de révolution fiscale, avec la création d'un impôt universel et la mise en place de nouvelles fiscalités environnementales ou d'aide à l'investissement, comme de l'assèchement de flux financiers issus de paradis fiscaux. En bref, créer un choc fiscal pour permettre de nouvelles régulations et de meilleures redistributions. Il y a ensuite des domaines entiers de travaux. On bosse sérieusement sur les questions carcérales, avec Serge Portelli par exemple, ou sur l'accès aux biens culturels. Mais notre problématique est claire, sur les questions d'urbanisme, d'école et de logement, comme sur l'économie. On doit se poser la question de la possibilité de déficits, comme on n'échappera pas à la question des renationalisations. On ne peut pas dire qu'il va y avoir un problème d'accès à l'énergie et laisser ces secteurs continuer à se faire désosser par les traités européens, sans penser se réapproprier à un moment ces instruments d'accès au bien public. On y travaille encore, mais on y travaille vraiment.
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