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mardi, 25 septembre 2007

La France est-elle en faillite ?

Question d'actu - LCI - 24/09/2007

Benoît Hamon était l’invité de Question d’actu sur LCI avec Elie Cohen, économiste, Dominque Paillé, secrétaire général adjoint de l’UMP et Eric Heyer, économiste à l’OFCE.

Cliquez ici pour voir l’emission

dimanche, 23 septembre 2007

Tous à Japy le 29 Septembre !

La droite compte sur des impasses à gauche pour s'ouvrir un boulevard de politique néo-libérale. La réflexion est à l'ordre du jour au PS, surtout si elle est utile à la gauche, espérons-le. Cela ne doit pas pour autant nous écarter de l'action et des justes réactions du mouvement social face à la politique de Sarkozy. Le rassemblement unitaire pour l'accès aux soins pour tous de samedi 29 septembre en est une illustration. Allons-y nombreux !

lire ou/et imprimer le tract collectif : tract 29 septembre

les signataires : AMUF : Association des Médecins Urgentistes de France / Appel contre la Franchise / Association Nationale des Médecins Référents (AMedRef) / ATTAC France / Collectif « La Santé n'est pas une marchandise » / CDDSP75 / CGT de l'administration centrale des Affaires sociales / Convergence Nationale des Collectifs de Défense et de Développement des Services publics / CoMéGas : Collectif des Médecins Généralistes pour l’Accès aux Soins / Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité / Fondation Copernic / FSU / LCR / Mars-Gauche républicaine / MRC / Parti Socialiste / PCF / Retraité(e)s Sud Solidaires de Loire-Atlantique et Vendée / Résistance sociale / SMG : Syndicat de la Médecine Générale / SNICS-FSU / UFAL: Union des Familles laïques / UNAM :Union Nationale Alternative Mutualiste / Union Syndicale SOLIDAIRES / Union Fédérale SUD Protection Sociale / Union fédérale Sud Santé Sociaux  / UNGMS :Union Nationale des Groupements Mutualistes  Solidaires / UNRPA : Union Nationale des Retraités et des personnes âgées / USP : Union Syndicale de la Psychiatrie.

samedi, 22 septembre 2007

Compte-rendu - Journée de réflexion francilienne

par Yvan Lubraneski

Nous remercions les camarades qui sont venus, nombreux, assister à cette journée du 22 Septembre. La table ronde du matin, avec Clémentine Autain (app. communiste), Laurent Baumel (PS - Socialisme et Démocratie), et Pascal Cherki (PS - Pour un Nouveau Parti Socialiste), a introduit les débats de façon très intéressante et lucide. Par exemple : quelle est la cible des politiques que nous voulons développer ? Par "classe ouvrière" ne vaut-il pas mieux entendre aujourd'hui, plus largement, celles et ceux dont la survie financière ou l'émancipation ne tiennent qu'à la place qu'ils occupent dans le monde du travail ? Pouvons-nous porter un projet qui rassemble les entreprises assurant une redistribution des richesses, prioritairement, en direction de l'investissement et du travail, les artisans et très petites entreprises, les salariés de tous secteurs économiques (primaire, secondaire, tertiaire) ? Quelles politiques élaborer pour sortir du néo-capitalisme financier ? La gauche peut-elle gagner en France en 2012 sans un programme et un candidat communs ? Les divergences à gauche ne doivent pas cacher les convergences. Le travail sur un "pot commun" idéologique est nécessaire de toute urgence.

***

Les trois ateliers de l'après-midi ont permis d'aborder plus en détail les questions de la redistribution des richesses, de la place de l'individu dans la société, et du fonctionnement interne d'un grand parti de la gauche. Et ces questions sont liées, bien sûr.

[Illustration : les politiques fiscales ou sociales réservées exclusivement à une catégorie d'individus.

redistribution des richesses... comment intéresser les citoyens à un projet solidaire commun en privant, sous prétexte d'économies, une partie d'entre eux de certains dispositifs sociaux et fiscaux ? La gauche a sa part de responsabilité dans ces 25 dernières années. En mettant en place des critères subjectifs et inopérants au lieu de principes universels, on ébranle le pacte républicain. Il faut bien réfléchir, donc, au moment de la mise en place de politiques fiscales ou sociales, et ce n'est parfois seulement qu'une question de méthode ! A contrario, on organise la stigmatisation de zones géographiques (zones franches, ZEP...), d'individus (les RMIstes, les chômeurs, les bénéficiaires de la CMU...). La justice sociale ne résiderait-elle pas dans une application progressive des prélèvements obligatoires, et une redistribution progressive et adaptée des aides de l'Etat ?

l'individu dans la société... l'individualisme se nourrit aussi de l'exclusion des uns ou des autres d'un projet collectif de société. Les principes de solidarité éclatent en revendications contre "l'assistanat".

le fonctionnement du PS... Et l'élu de déroger sans cesse, en se donnant des droits qui n'appartiennent qu'à lui. Un fonctionnaire ne peut cumuler sa fonction avec un autre emploi. L'élu peut infiniment cumuler mandats et représentations diverses, ouvrant droit à chaque fois à un régime indemnitaire et des avantages en nature.]

***

Clôture de cette journée par Guillaume Balas (mandataire régional), qui nous a conviés au rendez-vous national de Toulouse-Labège les 12-13-14 Octobre et Benoît Hamon, qui a repris les thèmes de réflexion abordés en ateliers et en plénière, proclamant, entre autres un "back to basics" qui "n'a rien d'archaïque dès lors que moderne veut dire un peu plus à droite dans la bouche de certains", et a notamment appelé à une union pour 2012 de toutes les gauches qui voudront bien gouverner ensemble, après avoir tranché sur leurs divisions internes pour en extraire l'essence : claire et identifiable par les français et mettant au coeur de son programme, cette fois, et de ses actions, aussi, la question sociale.

écouter l'intervention de Benoît Hamon :

vendredi, 21 septembre 2007

10+1 questions à Liêm Hoang Ngoc sur le dette

La dette est devenue l’alibi des politiques de rigueur budgétaire, justifiant la suppression massive de postes dans les services publics. Elle est présentée de façon anxiogène comme un poids sur les générations futures. Endossant ce discours, l’actuel gouvernement a pourtant repoussé à 2012 l’horizon de la réduction de la dette, après les mesures fiscales votées au cours de la session de juillet.

- - Pourquoi la dette publique a-t-elle explosé depuis 30 ans ?
- - Sommes-nous les plus mauvais élèves de la classe mondiale ?
- - À qui profite la dette publique ?
- - L’État est-il trop ou mauvais dépensier ?
- - Existe-t-il de bons et de mauvais déficits ?
- - Les économistes sont-ils tous d’accord au sujet de la dette ?
- - Faut-il augmenter, stabiliser ou réduire les prélèvements obligatoires ?
- - Faut-il réformer le financement de l’assurance maladie et des retraites ?
- - Faut-il durcir ou assouplir le pacte de stabilité ?
- - Comment amener la France à tirer parti de l’économie de la connaissance pour améliorer sa compétitivité, produire et exporter davantage ?
- - Quel est le débouché politique d’une pensée de gauche « décomplexée » ?

La dette est devenue l’alibi des politiques de rigueur budgétaire, justifiant la suppression massive de postes dans les services publics. Elle est présentée de façon anxiogène comme un poids sur les générations futures. Endossant ce discours, l’actuel gouvernement a pourtant repoussé à 2012 l’horizon de la réduction de la dette, après les mesures fiscales votées au cours de la session de juillet.

L’ouvrage de Liêm Hoang-Ngoc prend le contre-pied de l’opinion dominante. À travers dix réponses pédagogiques, il démontre que, dans une situation où l’abondante épargne ne finance aucunement l’investissement des entreprises (ce dernier subissant une grave panne), il est sain que cette épargne finance des dépenses publiques « porteuses d’avenir ». La dette ne pèse aucunement sur les générations futures, elles est aujourd’hui portée par les créanciers de l’État et leur procure dès à présent des intérêts. Les marchés considèrent d’ailleurs les obligations d’État comme une valeur refuge. L’État peut donc se financer à très bas taux d’intérêt, ce qui rend la dette « soutenable ». C’est pourquoi le président de la République, tout comme le Premier ministre italien Romano Prodi, ont raison de prôner un assouplissement du pacte de stabilité. Pour autant, le vrai débat porte sur le gaspillage par l’actuel gouvernement des ressources dont il dispose par le biais de la dette. Ce livre montre, à cet égard, que le paquet fiscal et plus généralement la politique économique de la nouvelle droite ne provoquera pas le choc fiscal escompté pour relancer la croissance. Celle-ci stagnera et les déficits se creuseront à nouveau inutilement, compte tenu du déficit de recettes fiscales résultant de cette situation morose.

Liêm Hoang-Ngoc apporte par ailleurs un éclairage inédit sur des dossiers d’actualité tels que les régimes spéciaux, les alternatives à la TVA « sociale » et propose de relancer le débat européen. Il dénonce enfin la fausse rénovation de la gauche qui consisterait, pour le Parti socialiste, à amender le discours de la nouvelle droite.

Liêm Hoang-Ngoc, responsable national à l’économie au PS, est maître de conférences en économie à Paris I-Panthéon Sorbonne. Il a 42 ans. Initiateur de l’« appel des économistes pour sortir de la pensée unique » en 1996, il est membre du Parti socialiste et auteur notamment de « Vive l’impôt »(Grasset, 2007) et « Refermons la parenthèse libérale » (La Dispute, 2005).

mercredi, 19 septembre 2007

Benoît Hamon - Soir 3 - 18/09/2007

(cliquer 2 fois sur la touche lecture)

dimanche, 16 septembre 2007

Université de Rentrée en Île de France

Un Nouveau Parti Socialiste pour Réinventer la Gauche

>>  samedi 22 Septembre 2007 à l'université Paris I (Panthéon-Sorbonne), Place du Panthéon 75005 PARIS (RER Luxembourg) de 10h à 17h. En présence de Benoît Hamon.

Nous proposons à l'ensemble des militants d'Île de France de se retrouver pour mettre en commun leurs analyses. Cette réunion, ouverte à toutes et à tous, permettra de lancer un travail de réflexion pour réinventer la gauche, étape nécessaire à la reconquête du pouvoir.

VENEZ NOMBREUX !

>> TELECHARGER L'INVITATION <<

jeudi, 13 septembre 2007

A voir

vendredi 14 septembre 2007 à 19h10 :

Benoît Hamon invité de Michel Denisot

Canal +  LE GRAND JOURNAL

lundi, 10 septembre 2007

Le 29 Septembre à Paris : mobilisation

(par Yvan Lubraneski - le blog d'Yvan Lubraneski)

Le Parti Socialiste est entré dans une phase de nécessaire introspection. Nous avons, au niveau interne, à démêler les idées, principes et postures des uns et des autres pour en faire éclore une ligne claire, cohérente, identifiable par tous. Au combat des chefs préférons donc celui des idées, et si possible entre les plus lucides d'entre nous, faisant l'économie de ceux dont les prêt-à-penser ne sont plus à la taille de l'enjeu.

Si cette introspection doit nous permettre de nous déployer ensuite en direction de toute la gauche puis de la société entière, il faut intégrer cependant que le temps de l'action n'est pas seulement consécutif mais contigu au temps de la réflexion.

C'est pourquoi les socialistes doivent massivement participer à la mobilisation unitaire du 29 Septembre prochain, que notre secrétariat à la Santé a ratifié, en même temps que de nombreuses intersyndicales, associations et autres mouvements ou partis de la gauche française.

L'accès aux soins pour tous est un principe pour lequel des générations de militants se sont battus et la création de la Sécurité Sociale en 1945 consacre l'universalité de la politique sanitaire, pilier de l'exception sociale de notre pays.

Le gouvernement actuel utilise sciemment la culpabilité des français vis à vis d'un mythique "trou de la sécu" pour démanteler ce principe universel. Et simultanément d'offrir 14 milliards de cadeaux fiscaux à la petite frange la plus aisée de notre population...

S'il faut travailler au contrôle intensif des prestations de santé, l'idéal socialiste et républicain qui nous porte ne peut accepter qu'un citoyen soit amené à renoncer à des soins sous prétexte de leurs prix, ou de la franchise qui risque de s'y appliquer.

Donnons-nous rendez-vous, en masse, le samedi 29 Septembre de 14h à 18h au Gymnase Japy à Paris !

***

29 septembre 2007 : quatre heures contre les franchises  et pour l'accès aux soins pour tous

Professionnels du soin, syndicats,  partis politiques, acteurs du monde associatif ou médico-social, mutualistes, représentants des usagers et /ou usagers du système de santé, nous nous mobilisons contre les franchises, pour l’accès aux soins de qualité et à la santé pour tous. 

Nous refusons les franchises sur les soins, que veut mettre en place le nouveau gouvernement :

  • Appliquer une franchise, c’est ne rien rembourser au patient en dessous d’un seuil annuel de dépenses proposé par le gouvernement et voté par le Parlement.
  • Appliquer une franchise, même si elle épargnait les patients bénéficiaires de la CMU, c’est pénaliser les patients aux revenus les moins élevés, c’est aggraver les difficultés d’accès aux soins de ceux qui ne peuvent actuellement se payer une complémentaire, de ceux qui ne le pourront plus car le coût des complémentaires augmentera.
  • Appliquer une franchise, c’est rendre impossible, en médecine générale, la pratique du tiers payant, alors que celui-ci est nécessaire pour l’accès aux soins des patients aux revenus les plus modestes.
  • Appliquer une franchise, c’est dissuader les patients de se faire soigner pour des maladies apparemment peu sévères mais qui, faute de soins, risquent de s’aggraver ; c’est les inciter à reporter à plus tard les actes de prévention ; c’est l’inverse d’une politique cohérente de santé publique.
  • Appliquer une franchise, c’est économiquement inefficace : les forfaits, mis en place ces dernières années, n’ont pas empêché l’accroissement des dépenses de soins car  celles-ci sont concentrées sur un petit nombre de personnes à pathologies graves.

La franchise est sensée « responsabiliser » les patients, les membres du gouvernement le répètent constamment. C’est dire que pour eux, les Français sont irresponsables... Or, pour être responsable, il faudrait pouvoir s’orienter en connaissance de cause, bénéficier d’un système d’information claire sur l’organisation réelle du système de santé, sur les tarifs pratiqués, sur les pathologies et l’éducation à la santé. C’est loin d’être le cas en France.

La responsabilisation est donc un prétexte, les malades n’étant pas responsables de leurs maladies. La franchise est avant tout un système de pénalisation financière et de culpabilisation, notamment du malade pris en charge à 100%, du cancéreux, du dialysé, du diabétique, de l’accidenté du travail. Ce projet  s'inscrit dans une « culture » des uns contre les autres, génératrice de haines sociales.
La question de la dépense de soins découle de décisions politiques sur l’organisation du système de soins, du mode de rémunération des professionnels, du type de formation qu’ils reçoivent (indépendante ou non notamment), de la mise en place d’actions de prévention et d’éducation à la santé, d’actions sur les conditions de vie des gens, sur la santé au travail et environnementale,  sur le bien manger...

L’instauration de franchises, la généralisation des dépassements d'honoraires par la création d'un secteur optionnel,  aboutirait à l’abandon progressif d’un système d’Assurance maladie solidaire, dans lequel chacun cotise selon son revenu et est soigné selon son état de santé ; ce serait  la mise en place d’un système assurantiel privé favorable à la croissance des inégalités sociales de santé.
S’opposer aux franchises  est le premier pas pour construire un système de santé plus juste.

Réussir la mobilisation du 29 septembre, c’est permettre ensuite, s’il n’y a pas abandon par le gouvernement de cette proposition injuste, d’engager, dans la deuxième quinzaine d’octobre, des manifestations décentralisées dans toute la France.


AMUF : Association des Médecins Urgentistes de France
Appel contre la Franchise
Association Nationale des Médecins Référents (AMedRef)
ATTAC France
Collectif « La Santé n'est pas une marchandise »
CDDSP75
CGT de l'administration centrale des Affaires sociales
Convergence Nationale des Collectifs de Défense et de Développement des
Services publics
CoMéGas : Collectif des Médecins Généralistes pour l’Accès aux Soins
Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités
de Proximité
Fondation Copernic
FSU
LCR
Mars-Gauche républicaine
MRC
Parti Socialiste
PCF
Retraité(e)s Sud Solidaires de Loire-Atlantique et Vendée
Résistance sociale
SMG : Syndicat de la Médecine Générale
SNICS-FSU
UFAL: Union des Familles laïques
UNAM :Union Nationale Alternative Mutualiste
Union Syndicale SOLIDAIRES
Union Fédérale SUD Protection Sociale
Union fédérale Sud Santé Sociaux  
UNGMS :Union Nationale des Groupements Mutualistes  Solidaires
UNRPA : Union Nationale des Retraités et des personnes âgées
USP : Union Syndicale de la Psychiatrie

lundi, 03 septembre 2007

Après La Rochelle...

Interview de Benoît Hamon
Journal du dimanche - 2.09.07

Propos recueillis par Maud PIERRON, à La Rochelle.
Coqueluche des médias, Benoît Hamon est l’un des "jeunes" qui monte au sein du Parti socialiste. Porte-parole du PS durant les législatives, son nom est de plus en plus cité pour prendre la succession de François Hollande. Pour leJDD.fr, ce cofondateur du NPS, tenant d’une ligne à gauche, a accepté de faire le bilan de La Rochelle et de se projeter dans l’avenir.

Au bout de ces trois jours, quel bilan tirez vous de La Rochelle ?

Finalement, cela a été un rassemblement inoffensif, dans le sens où l’on nous promettait le pire. On a vu des députés socialistes attachés à se remettre au travail et ce n’est pas de la langue de bois. Avec un souci de la base au sommet du PS de la jouer collectif, d’inscrire sa contribution personnelle dans la construction d’une intelligence collective. C’est un peu triste de le dire mais c’est déjà une victoire, qui montre à quel point on pouvait être malade. C’est donc une bonne nouvelle. On a de nouveau envie de tirer dans le même sens. Combien de temps cela durera ? Je ne sais pas. Le plus longtemps possible j’espère. L’université de la rochelle a été utile en cela, à un moment qui est celui du diagnostic. Je ne dis pas que les uns et les autres n’ont pas des idées très tranchées sur ce diagnostic mais il fallait commencer à retrouver cette capacité à se parler les uns et les autres sans s’accuser.

Pourquoi a-t-il fallu attendre La Rochelle pour retrouver cette possibilité ?

On est forcément toujours plus sérieux quand on a des invités extérieurs, qui par la qualité de leurs interventions, leurs réflexions, nous tirent vers le haut.

Les absents finalement, tel que Jean-Luc Mélenchon, qui a souvent le verbe haut, ont eu raison de s’abstenir ?

Je ne sais pas. S’il était venu, il aurait assisté à de beaux débats. Si tout le monde avait été là, vous auriez dit, ’c’est toujours les mêmes tronches’ et quand ils ne sont pas là, vous dîtes ’voilà, ils désertent’. Dans tous les cas, on était fautif. Ils n’étaient pas là et ça s’est bien passé. A mon avis il n’y a pas de lien de cause à effet.

Que tout le monde travaille avec tout le monde est devenu le mot d’ordre au PS. Mais est-ce véritablement possible de faire travailler ensemble les courants ?

D’une certaine manière, cela existe déjà. A notre modeste étage, on s’est réunis, nous les gens de la nouvelle génération, les 30-40 ans, entre Strauss-kahnien, Fabiusiens et membres du NPS. On a réussi à faire l’inventaire de nos désaccords et de nos accords. On s’est rencontré avant l’été, on va le refaire à la rentrée, dans le but d’évacuer les préjugés que l’on peut avoir sur les avis des uns et des autres. On a évoqué la question sociale, démocratique, celle du marché, celle de l’Europe, de l’immigration, de la sécurité, afin de mesurer l’ampleur de ces désaccords. C’est un travail passionnant car il nous permet de faire le tri entre le bon grain et l’ivraie, de vérifier ce qui motive vraiment l’existence aujourd’hui des sensibilités au sein du PS. Car il y a des traditions politiques différentes, des cultures politiques différentes. Et en même temps on veut faire en sorte que les débats s’organisent autour des vraies lignes de clivages qui existent entre nous et pas sur les positions supposées d’untel.

Et vous n’effectuez pas ce travail avec les "royalistes" ?

Le "royalisme" un objet politique non identifié. D’ailleurs, ce n’est pas encore un courant. Quand j’entends un Vincent Peillon, il ne dit pas forcément la même chose qu’un Julien Dray, et pourtant ils sont tous les deux "royalistes". On peut discuter facilement avec les individus mais avec le groupe "royaliste", c’est plus compliqué. On sait ce que Ségolène Royal pense mais quand certains de ses soutiens disent qu’ils ne sont pas d’accord avec ce qu’elle a proposé, cela devient complexe.

Maintenant que le diagnostic est posé, quelles sont les questions sur lesquelles il faut particulièrement travailler, voire trancher ?

La redistribution, sans aucun doute. Aujourd’hui, on a tendance à penser notre rôle comme ’on aurait pas fait comme le gouvernement’, ce qui est bien. Sauf que si on revient au pouvoir dans cinq ans, tous les instruments auxquels on fait traditionnellement appel à gauche pour redistribuer la richesse, pour organiser les services publics, pour protéger les individus - que sont par exemple le service public, la sécurité sociale - seront encore plus dégradés demain qu’ils ne le sont aujourd’hui. Parce que les recettes fiscales ne cesseront de baisser, donc les capacités d’intervention de l’Etat seront encore plus faibles. Parce qu’en 2009, la directive Bolkeinstein aura été mise en oeuvre. Il faut penser la séquence actuelle ainsi : comment faire en sorte que les instruments de redistribution sociale pour lutter contre les inégalités sociales soient demain efficaces ? Ils devront faire appel à de nouveaux prélèvements, à de nouveaux financements. Ce sont des questions hyper lourdes. Pour moi, c’est cette question qui est la priorité et c’est sur celle-ci que nous aurons de gros débats.

Votre vision de la redistribution est très éloignée du donnant-donnant de Ségolène Royal.

Je crois qu’on a eu un tort durant cette campagne présidentielle, c’est d’insister sur la dénonciation de la société de l’assistanat. Dès lors que la gauche embraye sur ce discours là, tenu par la droite, il y a effectivement plus de chance que les gens votent pour Nicolas Sarkozy. Evidemment qu’il y a des gens qui abusent du système. Mais si on ne comprend pas qu’aujourd’hui, ces abus sont instrumentalisés par les entreprises et le pouvoir politique en place pour remettre en cause ce système, on fait une erreur dramatique. De plus, cette dénonciation de la société de l’assistanat a eu une double conséquence : stigmatiser une population qui serait par définition parasite et contribuer à la remise en cause des mécanismes de solidarité de protection sociale. Tout ça pour dire quoi au final : il faut valoriser la responsabilité individuelle, la responsabilité de celui qui est assisté de s’en sortir seul, de celui qui est malade de payer une franchise pour la maladie. C’est un tort d’embrayer sur ce discours là.

Un tort qui accompagne la droitisation de la société ?

C’est moins la droitisation de la société que la droitisation du PS. On a l’impression que sur un certain nombre de sujets, on donne le sentiment d’avoir été convaincu par les axiomes de l’adversaire. On ne donne pas spécialement l’impression de courir après la droite, mais on donne, à mon sens, le sentiment d’avoir perdu le fil de nos valeurs.

Certains souhaitent une ligne claire et affirmée du PS sur la social-démocratie. Vous applaudissez ?

Certains disent ’allez, il faut que le PS abandonne sa prétendue exception et s’alignent sur les standards de la social-démocratie européenne’. Mais la social-démocratie européenne, si on regarde dans quel état elle est, elle dirige 3 pays sur 27 (Grande-Bretagne, Italie, Portugal : ndlr), c’est une blague ou quoi ? On a perdu la présidentielle sur une ligne justement qui a provoqué de la confusion. Ce qui me frappe c’est la paresse des éditorialistes et des hommes politiques, qui se sentent obligés de répondre aux sommations de la pensée dominante à ce sujet là. Moi, ça ne m’intéresse pas ces conneries.

Qu’est-ce qui vous intéresse ?

Je ne fais de la politique pour être dans le commentaire, je fais de la politique pour être en capacité d’avoir des instruments capables de transformer la société. Ces instruments sont en crise chez nous, mais aussi partout en Europe, ce qui justifie la crise de la social-démocratie européenne. Ce qui m’intéresse c’est prioritairement la reconstruction de ces instruments pour lutter efficacement contre ce que je considère être le creusement des inégalités.

Beaucoup vous voient comme le futur premier secrétaire, vous en pensez quoi ?

Ça fait chaud au coeur. Je ne suis pas insensible quand on évoque mon nom pour prendre la direction du PS français, le parti de Blum, de Mitterrand, ce n’est pas rien. Ça me touche mais le casting est important, on doit être une dizaine à être cité pour prendre le poste de Premier secrétaire. Mais je pense que tout ça, c’est le feuilleton de l’été. Ce n’est pas amené à durer.

Imaginez-vous demain le PS comme un grand parti qui regrouperait toute la gauche, de la gauche centriste à la gauche antilibérale ?

Le PS doit rassembler la gauche et tous ceux qui s’en réclament. Si demain le MoDem dit : ’Je me sens plus de gauche que de droite’, je leur dis ’très bien, bienvenue’. Je pense que dans un premier temps il faudrait réfléchir à créer un mouvement ou une fédération de la gauche, dont l’objectif est de commencer à nous rapprocher dans l’opposition à la droite, car il faudra être nombreux, forts, solidaires. Et de préparer un processus de désignation d’un candidat de toute la gauche. Je suis assez favorable à des primaires à l’italienne ouvertes aux citoyens qui voudraient arbitrer et choisir ce candidat là.

Les militants demandent une meilleure opposition. Vous estimez-vous audible ?

Peut-être pas. Mais on a bien fait notre boulot sur la TVA sociale, même après les législatives. On a été présent sur le paquet fiscal. On a été mal mais on monte en puissance. Je ne suis pas inquiet.

Tout le monde au sein du PS n’est pas d’accord sur la méthode pour s’opposer. Certain sont pour l’opposition frontale, d’autre la veulent raisonnée, comme Manuel Valls, qui estime pouvoir faire un bout de chemin sur certains sujets avec Nicolas Sarkozy. Quelle est votre position ?

Quand l’intérêt général le réclame, on sait être d’accord, il faut arrêter. Mais je suis pour une opposition résolue à une politique qui jusqu’ici, est la plus réactionnaire qui soit. Il n’y a pas de chemin à faire avec ce gouvernement conservateur.

Pouvez-vous nous parler de votre club, ’La Forge’, que vous avez créez ?

C’est un think tank qu’on va lancer, avec des intellectuels fin septembre. L’idée c’est de prendre au sérieux le combat de la gauche. De ne pas s’arrêter au travail d’opposition mais de préparer le réarmement théorique et pratique en perspective de 2012. C’est un instrument qui prépare la bataille idéologique culturelle qu’on veut mener face à la droite. Il sera au service de toute la gauche. L’objectif n’est pas de sectariser la pensée mais bien de l’enrichir.

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