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mercredi, 27 juin 2007

Intervention de Benoît Hamon, CN du PS 23/06/07

Conseil National du PS | 23 juin 2007

"Je n’avais pas tout à fait prévu de commencer de la manière dont je vais commencer.
Comme beaucoup d’autres, je n’ai pas peur des militants, j’appartiens à la minorité de ce parti, au moins jusqu’au congrès du Mans. Et les orientations que j’ai défendues, je les ai défendues devant tous les militants, et au terme de leurs choix, j’ai été minoritaire lors de deux congrès. Je pense pourtant qu’aujourd’hui, une personne nous manque et qu’on ne peut pas se plaindre ou reprocher que le débat se déplace à l’extérieur du parti s’il relève désormais de l’exploit de mettre tous les dirigeants socialistes dans une même salle pour débattre.

Je n’ai pas peur des militants et je suis d’accord avec François Rebsamen, le Parti doit continuer une campagne d’adhésion, il doit d’autant plus le faire que le processus qu’il ouvre et que nous soutiendrons à l’initiative du premier secrétaire est un processus qui doit être ambitieux, et qui pour qu’il le soit véritablement et qu’il soit utile, doit être en porosité avec le reste de la société et en particulier, les habitants, les citoyens de ce pays, et les hommes et les femmes qui voudraient nous rejoindre. Donc oui à une nouvelle campagne d’adhésion, une campagne d’adhésion en faveur de ce processus qui doit s’ouvrir à la gauche intellectuelle comme à la gauche sociale, comme à la gauche associative.

Pour autant, tout le monde nous parle maintenant de rénovation, je suis heureux, et on pourrait tranquillement ouvrir le grand robinet à eau tiède, laisser couler à flots, faire le grand numéro du grand baratin sur la rénovation et s’arrêter là, considérant que finalement, on pourrait s’accommoder d’un processus qui est un processus qui permettra, au bout du compte, de ne rien changer.

Je lis comme vous la presse, on nous encourage tous les jours à une modernisation trop longtemps retardée, au fait que nous rompions avec le socialisme de jadis, que nous changions comme vient de le dire Gaétan Gorce de logiciel, mais moi, j’aimerais bien savoir de quoi on parle. J’aimerais bien savoir de quoi on parle quand aujourd’hui nous sommes caractérisés comme des archaïques. J’aimerais bien savoir de quoi on parle quand j’entends par ailleurs un Nobel d’économie, Joseph Stiglitz dénoncer la politique libérale de l’Union européenne et la caractériser comme archaïque par rapport à toutes les restrictions qui sont aujourd’hui posées au libre-échange en Amérique du Sud ou en Amérique du Nord.

Ayons ce débat sur la modernité et l’archaïsme, ayons-le pleinement. Sachons aujourd’hui le prendre dans toutes ses dimensions et en tout cas refuser ce discours simpliste qui nous est répété à force d’éditoriaux selon lesquels les socialistes devraient rompre avec le tout état, comme si nous n’étions pas ceux qui avaient tiré le meilleur parti du marché justement en ayant les meilleurs résultats en termes de croissance sous le mandat de Lionel Jospin. Comme si nous n’étions pas ceux qui avaient organisé la décentralisation.

Nous devrions aussi rompre avec cette culture de la dépense, quand jamais aujourd’hui les déficits n’ont été aussi élevés et que ces déficits publics ont d’abord été creusés, comme les déficits sociaux, par une droite qui prétend nous donner des leçons en matière de politique budgétaire.

Nous devrions rompre avec cette redistribution irresponsable en laquelle nous croyons, quand nous constatons là encore chaque jour que la répartition capital/travail n’a jamais été aussi défavorable à celles et ceux qui vivent de leur travail.

Voilà des terrains sur lesquels on nous demande de rompre, comme si pour que le PS soit moderne, il fallait qu’il devienne de droite. Et bien, mes chers camarades, de cette modernité, moi, je ne veux pas, pas davantage que celle qui prétend qu’aujourd’hui, il n’y aurait plus de conflit dans cette société, que les salariés n’auraient pas des intérêts contradictoires avec les actionnaires ; qu’en réalité, aujourd’hui, le principal conflit qui existerait serait entre une classe parasite, oisive, qui vivrait des mécanismes de solidarité irresponsables et ceux et celles qui se lèvent tôt pour aller travailler.

Voilà le clivage que la droite veut installer dans la société, voilà celui qu’on nous demande, nous, de résoudre quand par ailleurs, nous constatons tous les jours que les revenus de la rente, ces revenus augmentent. En raison de quoi ? Du fait que la droite, elle, fait une politique de classe. Elle fait une politique de classe et le démontre et l’a démontré dès ses premiers pas en organisant 14 milliards de cadeaux fiscaux ; 14 milliards qui iront soulager les revenus des ménages les plus aisés, comme soulager les cotisations patronales pour que cela se répercute ensuite sous forme de TVA payée par tout le monde.

Voilà ce sur quoi nous devons rentrer dans ce débat. Nous devrons dire aussi qui nous voulons représenter par priorité. Et le débat sur l’analyse de la défaite sera utile pour nous éclairer. Moi, je vous donne mes réflexions comme ça.

Je pense que l’électorat Modem dont on a beaucoup parlé a montré que sans qu’il y ait d’accord politique, se reportait assez naturellement sur nos candidats, et que nous ne devons pas nous fixer sur une forme de rapport de force politique statique, nous devons réfléchir à qui nous a manqué pour justifier que nous ayons une nouvelle fois perdu l’élection présidentielle et l’élection législative. Qui nous a manqué ? Les personnes âgées qui à plus de 70 % votent à droite et pas de chances pour nous, chers camarades, elles seront de plus en plus nombreuses dans le temps.

Donc nous devrons d’abord regarder ce que nous voulons dire à ces hommes et ces femmes-là. Nous devrons aussi regarder ces classes populaires, ouvrières, employées qui n’ont pas voté autant que nous l’aurions souhaité ou nous l’avons attendu pour nous. Pourquoi ? Parce qu’ils ne se sentent plus tout à fait, ou aussi bien, représentés par nous que nous les représentions avant.

C’est vers cela que nous devons faire porter notre effort. Moi, je pense que fondamentalement aujourd’hui, notre responsabilité sera de nous ouvrir pour construire quoi ? Ce que Henri Weber a évoqué en quelques mots : « Ce grand parti de la gauche ». C’est cela que l’on entend aujourd’hui sur le terrain : d’être en capacité de dépasser nos identités respectives pour trouver ces solutions qui nous permettent justement d’être efficaces et utiles. De dépasser nos identités respectives avec les autres grands courants politiques historiques de la gauche comme avec la gauche intellectuelle et sociale.

Il faudra d’abord être quoi ? Les interprètes d’une protestation. Car si Nicolas Sarkozy s’est empressé de vouloir liquider l’héritage de mai 68, c’est moins en raison de ce fameux relativisme culturel que portent bon nombre de ceux qui l’ont soutenu ou ont fait sa campagne, c’est en raison de ce qu’était l’esprit de subversion de mai 68. Et pourquoi veut-il liquider cet héritage-là ? C’est qu’il sait que sa politique va avoir des conséquences sur le corps social et que ces résistances, cette protestation va s’exprimer et qu’à ce titre, notre responsabilité sera d’abord d’être l’interprète politique de ses résistances et de ces protestations à travers un groupe qui soit un groupe homogène qui pratique une opposition décomplexée, puisque c’est un mot à la mode, et résolu à la droite.

Alors, j’en terminerai par une dernière remarque. J’ai écouté attentivement Gaétan Gorce et je trouve qu’il est cohérent en démissionnant du secrétariat national. Je ne suis pas d’accord avec bon nombre des propositions qui sont les siennes aujourd’hui, mais je trouve que c’est cohérent et je voudrais le saluer ; il n’est pas de ceux qui vibrionnent à l’extérieur pour ensuite continuer à tranquillement s’asseoir au secrétariat national en étant en désaccord total avec les orientations qui y sont défendues. Donc, je salue cette cohérence.

Mais je veux te dire, Gaétan, nous allons avoir un débat sérieux sur une question : le fameux changement de méthode qu’on appelle au Parti socialiste. Moi, je soutiens le processus ouvert par François Hollande. Je le soutiens parce que je pense qu’aujourd’hui, il est important de se remettre au travail. Mais si l’objectif est d’emballer les choses, de les emballer pour faire en sorte que nous nous reposions ou nous remettions en cause un des piliers qui fondent la synthèse politique au Parti socialiste, c’est-à-dire la proportionnelle, là, nous allons avoir un débat sérieux.

Et je termine sur ce point : je n’ai pas combattu depuis quatre ans, et je remercie Arnaud Montebourg de m’avoir éclairé sur ces questions démocratiques-là, je n’ai pas combattu depuis quatre ans la présidentialisation de la Ve République, observé dans quels excès elle nous conduit aujourd’hui pour être de ceux qui iront achever la présidentialisation du Parti socialiste en substituant le scrutin majoritaire au scrutin proportionnel.

Moi, je suis prêt à beaucoup de choses, à me mettre au travail, je crois qu’aujourd’hui c’est l’urgence et je nous invite tous à le faire avec générosité et ambition, comme le suggérait Alain Bergounioux."

lundi, 25 juin 2007

Intervention de Liêm Hoang Ngoc au Conseil National du PS - 23/06/2007

"Les meilleurs d’entre nous l’ont dit. Il faudra refonder notre parti. Je laisse aux réparateurs de logiciels le soin de réformer l’économie virtuelle. C’est dans l’économie réelle que se mène la bataille contre la droite et les intérêts qu’elle représente. Dans le monde réel, c’est d’une boussole, dont tous ceux qui sont désorientés ont besoin. Voici quelques-unes des pistes qu’elle pourrait indiquer.

Tout d’abord, il n’est pas nécessaire de réconcilier les travailleurs avec l’entreprise. Ce sont les entreprises qu’il faut réconcilier avec les Français ! Je veux évidemment parler des entreprises qui réalisent du profit en délocalisant ! Des entreprises qui réalisent du profit sans investir, surtout pas dans les secteurs innovants, jugés insuffisamment rentables ! Des entreprises qui réalisent du profit au bénéfice des nouveaux rentiers !

Réconcilier l’entreprise avec ses travailleurs signifie que les travailleurs français, qui sont parmi les plus productifs au monde, voient leurs efforts récompensés par des hausses de salaires et une réduction du temps de travail ! Telle est la version socialiste de la théorie de la valeur travail ! Cela commence par l’augmentation des bas salaires !

Lorsque les entreprises ne dépensent pas pour investir dans l’économie (et c’est le cas !), il est sain que l’Etat le fasse, faute de quoi nous plongerions plus encore dans le marasme économique et social ! Il n’y a à cet égard pas de problème de dette ! La dette ne pèse aucunement sur les générations futures ! Elle est financée à bas taux d’intérêt par l’abondante épargne des classes aisées qui raffolent des obligations d’Etat ! Il y a par contre un problème de gaspillage de la dette ! La droite a choisi de gâcher les marges de manœuvre budgétaires existantes dans d’inutiles cadeaux fiscaux dont les faces cachées s’appellent : franchise médicale, TVA anti-sociale, réduction de la moitié des effectifs des services publics sous couvert de réforme de l’Etat et autonomie des universités !

Au contraire, la gauche doit stimuler l’investissement public en matière d’innovation, développer les services publics, s’opposer à une nouvelle loi Devaquet et proposer une réforme fiscale progressiste !

On le sait, les dépenses sociales sont amenées à croître, malgré la maîtrise médicalisée des dépenses de santé. Ce n’est pas un mal dans une économie en progrès ! La droite entend en privatiser le financement ! La gauche doit proposer son impôt citoyen progressif sur le revenu, fusionnant la CSG et l’impôt sur le revenu ! Elle doit revendiquer la création d’une nouvelle CSG entreprise assise sur la vraie valeur ajoutée, un impôt qui taxe les profits oisifs pour financer la sécurité sociale ! Tout cela n’a rien à voir avec le choix de la TVA, l’impôt le plus injuste, qui pèse sur la consommation ! Trop longtemps, au cours de cette campagne, nous avons esquivé le débat fiscal avec la droite ! La TVA sociale a déjà été expérimentée. C’était en 1995 sous Alain Juppé (les bordelais s’en sont souvenus), lorsque le taux de TVA fut relevé de deux points alors que la baisse du coût du travail montait en puissance dans le plan quinquennal pour l’emploi. La vie chère a poursuivi son chemin alors que la « baisse des charges » n’a pas créé plus de 200 000 emplois ! Les déficits, quant à eux se creusèrent inutilement.

La droite propose de lutter contre l’assistanat pour mieux détruire notre système de protection sociale ! Vieille ficelle ! Ce n’est pas de l’assistanat dont la gauche doit s’occuper ! La gauche ne doit pas lutter contre les chômeurs ! Elle doit lutter contre le chômage dont sont victimes les travailleurs licenciés et les jeunes sans perspectives de recrutement ! Elle doit se méfier d’une autre mode arborrée par la droite et qui porte une marque de fabrique danoise ! Attention aux modes ! Le modèle danois est bien moins récent que le modèle français. Il date de 1899. Il prévoit la liberté totale de licencier et inclut désormais une TVA sociale ! Ce que certains appellent la flexi-sécurité n’est pas un compromis gagnant-gagnant, mais risque d’être une compromission perdante-perdante. Perdante pour le CDI, remplacé par un contrat unique avec période d’essai à rallonge, comme le CNE, le CPE ou le contrat Première Chance ! Perdante pour les chômeurs, suspectés de refuser de se former et d’accepter les emplois précaires du marché ! Enfin, la gauche doit relancer le débat européen. Elle doit rejeter le mini traité qui est le meilleur moyen d’asseoir à l’insu des peuples un super-marché ! Un super-marché sans harmonisation fiscale ! Sans budget communautaire conséquent ! Sans contrôle démocratique de la Banque centrale ! Sans tarif extérieur commun !

Chers camarades, la boussole socialiste a parfois indiqué d’étranges directions. Celles qui ont conduit sans complexe Eric Besson, Martin Hirsch, Jean-Pierre Jouyet et Jean-Marie Bockel là où ils sont. Il faut maintenant réparer notre boussole, cet instrument indispensable dans un désert idéologique. Prenons pour cela le temps nécessaire."

vendredi, 22 juin 2007

Courte analyse et perspectives, par David Jacquet et Yvan Lubraneski

Au lendemain de nos campagnes essonniennes, nous nous félicitons de la forte mobilisation des militants socialistes, et de notre capacité à rassembler la gauche aux seconds tours des scrutins. Cette double dynamique a donné une plus-value aux résultats électoraux en Essonne, où notre progression est encourageante pour les prochaines échéances.

Au niveau national, les derniers résultats électoraux, présidentielle et législative, confirment chez les français la prégnance du clivage gauche-droite, au détriment de la prétendue émergence d’un " centre ", ce clivage se matérialisant par la prédominance à l’assemblée des deux principaux partis politiques en France.

Nous tirons notamment deux enseignements des derniers rendez-vous :

- La droite se droitise, décomplexée par un long travail idéologique et culturel qu’elle a entamé depuis longtemps et que Sarkozy a su clairement exprimer. Elle est aujourd’hui championne dans la célébration de la richesse et de l’individualisme. Pour autant, son électorat n’apporte pas unanimement un blanc-seing au nouveau président de la République, ce qui explique en partie sa relative démobilisation le 17 Juin.

- L’électorat de gauche, déconcerté par la défaite de Ségolène Royal, s’est par contre re-mobilisé, notamment par l’intervention du thème du pouvoir d’achat, question et préoccupation sociales qui n’avaient pas été suffisamment au cœur de la campagne présidentielle.

Nous en déduisons que la société française ne se droitise pas et notre devoir est d’apporter, le plus vite possible, un arsenal de propositions qui répondent à l’urgence sociale, et que les français soient en capacité de l’identifier comme une alternative crédible.

Une refondation idéologique est nécessaire. Elle doit prendre en compte l’état actuel du monde, et nous amener à la recherche d’un modèle dépassant à la fois les expériences totalitaires du socialisme d’Etat, et les dérives du libéralisme.

Un travail sur un nouveau modèle économique et social, dont pourront découler toutes nos propositions futures, doit être entrepris par tous les socialistes.

La question du leadership ne peut être que consécutive à la définition d’un nouveau projet socialiste, et si l’on peut acter que la bipolarisation de la vie politique et l’état de nos institutions, que nous avons vocation à modifier par ailleurs, nous déterminent donc à traiter cette question de leadership avant les échéances de 2012, et si possible pas 6 mois avant… nous n’avons pour autant aucune raison d’acter ou de considérer que la gauche doit se donner en spectacle et participer au phénomène de people’isation de la vie politique.

Enfin, la rénovation de notre parti, que nous appelons toujours de nos vœux, est un vocable aujourd’hui bien galvaudé; ce n’est pas réclamer le départ de nos aînés, c’est leur demander, lorsqu’ils ne le comprennent pas eux-mêmes, de réaliser à quel point ils doivent engager leurs cadets à reprendre le flambeau, à leurs côtés et toujours devant eux.

David Jacquet & Yvan Lubraneski

Contre un "ministère de l'immigration et de l'identité nationale". Lancement d'une pétition nationale.

Nous vous invitons à signer et à faire circuler cette pétition.
Comme l’ont souligné les historiens démissionnaires des instances officielles de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n’a jamais eu de précédent dans l’histoire de la République : c’est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l’immigration comme « problème » pour la France et les Français dans leur « être » même.
En tant que citoyens, ce rapprochement nous inquiète car il ne peut que renforcer les préjugés négatifs à l’égard des immigrés. De notre point de vue, l’identité nationale constitue, aujourd’hui, une synthèse du pluralisme et de la diversité des populations et ne saurait être fixée dans le périmètre d’un ministère. Le décret du 31 mai 2007 qui définit les compétences de ce nouveau ministère montre, de surcroît, que les effets institutionnels dépassent la seule question de sa dénomination. Ainsi, ce ministère, qui détient en priorité des pouvoirs de police et de contrôle est aussi chargé de « promouvoir l’identité nationale » et de définir « une politique de la mémoire » dans le domaine de l’immigration. Il dispose d’une autorité complète et nouvelle sur l’asile politique et d’une autorité partagée sur une multitude d’administrations, y compris sur la « direction de la mémoire, du patrimoine et des archives » du ministère de la Défense. Cette confusion des rôles et des fonctions est inadmissible et inquiétante. Nous protestons énergiquement contre la dénomination et les pouvoirs dévolus à ce ministère et demandons solennellement au Président de la République de revenir à des choix plus conformes aux traditions démocratiques de la République française.

>>> Signer la pétition

jeudi, 21 juin 2007

Contribution Conseil Fédéral du PS 20/06/2007, par Yvan Lubraneski

(...)

Est-ce que la France se droitise ?

Je dirais oui et non, notamment à la lecture du sursaut de dimanche dernier.

Je dirais que c’est plutôt la droite qui se droitise, mais qu’il y a en face une aspiration profonde, chez les français, à mieux identifier les valeurs et le projet de la gauche, pour ensuite y adhérer.

La droite se droitise. Décomplexée par un long travail idéologique et culturel qu’elle a entamé depuis longtemps et que Sarkozy a su clairement exprimer, la droite française est aujourd’hui championne dans la célébration de la richesse, de l’individualisme et des communautarismes.

Elle s’appuie sur un socle électoral qui traverse toutes les générations.

- D’abord les plus âgés, qui ont été nourris au lait de l’Etat-providence dans une France bénéficiant d’un taux de croissance de 5% l’an, viennent dans une large majorité, d’exprimer la volonté de jeter aux orties les plus beaux acquis de cette période, et notamment le programme du Conseil National de la Résistance. Clarifier et redéfinir l’identité de la gauche, c’est défendre la solidarité de la naissance à la mort, c’est aussi l’esprit républicain et laïque d’une France ouverte et généreuse qui reconnaît les siens et donne une plus-value à la notion de citoyenneté. Ceux qui ont grandi à cette époque de plein emploi et de croissance, se trompent aujourd’hui et il nous revient de le leur expliquer, particulièrement les plus jeunes d’entre nous, puisqu’ils semblent avoir succombé à la tentation libérale pour nous promettre, à nous leurs petits-enfants, des jours meilleurs… du moins le croient-ils.

- L’autre génération, c’est celle qui imaginait vivre comme leurs parents, c’est à dire bénéficier à coup sûr d’un emploi, voire de l’ascenseur social, et développer d’années en années leur pouvoir d’achat. Il est souvent palpable, dans leur discours, que, s’ils rejettent moins que leurs parents le modèle social et solidaire de notre pays, ils accusent la gauche d’avoir créé les conditions d’un assistanat qui s’auto-entretient au détriment de la valorisation du travail. Là encore, il nous revient aujourd’hui de préciser en quels termes nous souhaitons simultanément organiser la solidarité et valoriser le travail dans notre société. Et si je peux me permettre d’avancer une piste de réflexion, ce peut être de proposer une solidarité progressive qui accompagne chacun dans sa recherche d’un rôle social et de moyens pour vivre et faire vivre sa famille. Si cette progressivité structure le système de solidarité que nous proposerons, je ne vois pas pourquoi les déçus de la gauche nous tourneraient le dos plus longtemps. C’est une question de justice sociale et les exemples sont nombreux : déremboursement de la carte orange, par exemple, pour un RMIste qui accède à un emploi, sans compter les frais de garde des enfants, etc…

- Enfin, ma génération et celle de nos petits frères, elle est plutôt désenchantée. Envieuse de ses grands-parents, soucieuse de l’avenir de ses propres parents, et dans le doute, parfois absolu, quant à son propre avenir, elle ne sait pas sur quel pied danser et vers quel modèle de société il faut évoluer. Elle aspire à sortir de la précarité, thème insuffisamment développé durant la campagne présidentielle. Notre génération se sent peut-être intuitivement plus à gauche, au regard des scores excellents chez les 18-25 ans. Encore une fois, il ne faut pas faire l’économie d’un travail d’éducation populaire, en développant notre force de proposition d’un modèle alternatif au libéralisme, et en travaillant l’élan citoyen qui doit être celui de la jeunesse d’aujourd’hui : dans les villes de gauche, ce travail me semble devoir être continué et renforcé par les majorités municipales; dans les villes de droite, le champ associatif doit être investi massivement pour tendre aux mêmes objectifs.

Donc la France ne se droitise pas et notre devoir est d’apporter, le plus vite possible, un arsenal de propositions modernes et clairement de gauche, face à la défiance, la méfiance, l’attente et les besoins des français.

Sur quelle base un grand parti de la gauche doit-il être fondé aujourd’hui ?

- Premièrement, les institutions actuelles, et l’accentuation de la bipolarisation politique que va favoriser Sarkozy, impose à la gauche de s’appuyer sur une machine électorale disposant d’un socle d’au moins 30 ou 35% des électeurs. Il faut immédiatement abandonner toute velléité d’éclatement de notre parti, ce qui signifierait l’échec de tous. Nous ne devons pas pour autant retenir ceux qui estimeraient que nous avons vocation à développer les mêmes idées que le centre-droit.

- Deuxièmement, la refondation idéologique, après avoir pris en compte l’état actuel du monde, doit nous amener à la recherche d’un modèle dépassant à la fois les expériences totalitaires du socialisme d’Etat, et la dérive du capitalisme qui l’amène probablement au dernier cycle de son histoire. Un travail sur un nouveau modèle économique et social, dont pourront découler toutes nos propositions futures, doit être entrepris par tous les socialistes.

- Enfin, troisième point, la question du leadership ne peut être que consécutif à la définition d’un nouveau projet socialiste, et si l’on peut acter que la bipolarisation de la vie politique et l’état de nos institutions, que nous avons vocation à modifier par ailleurs, nous déterminent donc à traiter cette question de leadership avant les échéances de 2012, et si possible pas 6 mois avant… nous n’avons pour autant aucune raison d’acter ou de considérer que la gauche doit se donner en spectacle et participer au phénomène de people’isation de la vie politique. On ne peut pas non plus accepter plus longtemps que les forces vives de notre parti, sans faire de jeunisme et même si cela est en train de s’améliorer, ne soit jamais suffisamment mises au premier plan, lorsqu’il s’agit d’exprimer notre opposition ou nos propositions.  La rénovation, vocable aujourd’hui bien galvaudé, ce n’est pas réclamer le départ de nos aînés, c’est leur demander, lorsqu’ils ne le comprennent pas eux-mêmes, de réaliser à quel point ils doivent engager leurs cadets à reprendre le flambeau, à leurs côtés et toujours devant eux.(...)"

vendredi, 15 juin 2007

candidats socialistes ce dimanche en Essonne

48 heures pour faire connaître leurs projets et pour convaincre. Les candidats socialistes dans notre département vous donnent rendez-vous sur leurs blogs pour participer à une campagne de mobilisation qui demande à chacun d'y mettre du sien.

Retrouvez-leurs adresses

sur le site départemental du PS

VOTEZ et FAITES VOTER !

Le collectif NPS Essonne.

mercredi, 13 juin 2007

Point Presse du PS - Benoît Hamon

pour lire la vidéo, cliquez 2 fois sur la touche lecture

lundi, 11 juin 2007

"Bis repetita placent"

 et faites voter...

samedi, 02 juin 2007

La mobilisation dans les urnes peut tout changer... Par Yvan Lubraneski

Yvan Lubraneski"Nous partageons bien souvent de la méfiance, voire de la défiance à l'égard des sondages d'opinion. Pour autant je vous invite à prendre connaissance du petit tableau à la fin de cet article. Il pointe du doigt la diminution de l'intérêt des français pour les toutes prochaines échéances électorales, à mesure que cette courte campagne avance.

Cette étude doit susciter tout notre intérêt, elle complète un ensemble d'indicateurs, de témoins, qui nécessitent de notre part une action rapide : les demandes de procurations se font rares et très marginales par rapport à l'affluence relative au vote pour la présidentielle; nombre d'électeurs de gauche, rencontrés ça et là, expriment une résignation, derrière l'espoir qui est retombé violemment le 6 mai dernier, laissant place à une omniprésence de Sarkozy, qui mène campagne en tant que Président, comme il l'a menée en tant que ministre de l'Intérieur. Ils ne cachent pas, bien souvent, que leur participation au scrutin ne sera pas évidente, ni acquise. Pour ceux d'entre eux qui n'avaient jamais voté, par défiance vis à vis de la politique, et qui ont participé à la mobilisation sans précédent des 22 avril et 6 mai, dans laquelle ils avaient reconnu l'opposition de deux visions très contraires de notre société, il serait trop naturel de reprendre des habitudes d'abstention, plutôt que de maintenir la pression électorale dont la gauche a pourtant, plus que jamais, un besoin vital.

toutes les voix de gauche les 10 et 17 juinIl faut expliquer que l'opposition aux pleins pouvoirs de Sarkozy, y compris dans les médias,  et à la politique ultra-libérale de "dé-protection" des français, accompagnée d'une célébration de la réussite d'une poignée d'entre eux, qu'il va mettre en oeuvre pour la première fois en France, commence par un signe fort de contestation dès cette élection législative.

Le risque d'une plus faible participation touche aussi, rassurons-nous, l'électorat de droite. Ce dernier est quelque peu endormi par la spectaculaire prise de pouvoir de Sarkozy sur les institutions, et estimera bien souvent que l'issue du vote est jouée d'avance : l'électorat de droite n'est pas dans la résignation, mais plutôt dans l'excès de confiance. Il est aussi, contradictoirement, quelquefois bien méfiant à l'égard de nouveau Président qu'il a soutenu, méfiant parfois jusqu'à se dire qu'une majorité trop écrasante, c'est un peu dangereux...

Une partie de l'issue de ces prochaines élections tient donc à la participation et réclame toute notre mobilisation. Ce mot d'ordre est une évidence à répéter sans relâche dans ces derniers jours qui nous séparent du 10 puis du 17 juin. Dans toutes les circonscriptions où le rapport droite/gauche aux dernières élections est inférieur ou égal à 55/45, cela peut être décisif au point de nous apporter des victoires surprenantes ! A contrario, la démobilisation à gauche peut engendrer des défaites inattendues...

Comment faire ? Voter et faire voter. Par tous les moyens à notre disposition, au-delà des grands médias, il faut tirer la sonnette d'alarme :

- sur les blogs, notamment de nos candidats, en martelant ce mot d'ordre au coin de chaque phrase, en suscitant et en proposant de relayer les demandes de procuration pour les rediriger ensuite vers les militants des localités concernées, et en mettant bien sûr en exergue la nécessité d'un fort contre-pouvoir de la gauche à l'Assemblée Nationale.

- dans les réunions publiques, en donnant à chacun la mission de "réveiller" ceux dont ils ne sont pas bien sûrs de leur participation au scrutin, et qui tiennent un discours de résignation.

- à chaque fois que possible lors des distributions de tracts, des rencontres diverses, qui sont l'occasion de relayer un fort message de mobilisation.

Il ne s'agit pas là de mathématique : les 5 années qui viennent ne seront pas les mêmes avec 80 ou 220 députés de gauche. Notre capacité à lier notre action politique au mouvement social, au-delà de la qualité de ce lien (c'est une autre affaire dont nous aurons bien vite à discuter), dépend aussi de sa quantité, autrement dit du nombre de nos représentants qui s'emploieront à défendre nos valeurs, d'autant plus qu'elles vont être extraordinairement foulées au pied par le néo-bonapartisme libéral de Nicolas Sarkozy."

***

L'intérêt pour les élections législatives (source : TNS-SOFRES du 30/05/2007)

Question : Vous intéressez-vous aux élections législatives qui auront lieu en juin ?

 

18-19 mai

2007

28-29 mai

2007

Évolution
Beaucoup 36 29 -7
Assez 37 38 +1
Sous-Total Oui 73 67 -6
Peu 19 25 +6
Pas du tout 8 8 =
Sous-Total Non 27 33 +6
Sans opinion 0 0 =

le blog d'Yvan Lubraneski

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