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mercredi, 31 janvier 2007
Présentation du NPS
Pourquoi le Nouveau Parti Socialiste ?
Ce qui nous anime : changer de politique et changer la politique. Les constats sont connus : la mondialisation économique et financière, la révolution de l’information ont totalement modifié les rapports de force économiques, et profondément déstabilisé nos sociétés, sans que les forces politiques de gauche, en France et en Europe, n’aient su réellement faire émerger de politiques à la hauteur.
Redonner un souffle à l’idée de progrès économique et social pour gagner les combats électoraux à venir, voilà ce qui nous anime.
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jeudi, 25 janvier 2007
Entretien VSD - Guy Birenbaum interroge Benoît Hamon
VSD publie aujourdhui une interview dont le principe consistait à répondre aux évocations suivantes :
Gauche anti-libérale
Son tort est de refuser de gouverner. Son mérite est de garder la gauche en éveil.
Royal
Présidente !
« Ensemble, tout devient possible »
L’imposture d’une droite qui prétend rassembler quand tout dans son projet oppose les Français les uns aux autres (chômeurs et salariés, privé et public, Français et immigrés, etc.).
Sarkozy
« Napoléon... le petit » (Victor Hugo, cité par lui lors de son discours d’intronisation).
Pouvoir d’achat
Combattre la vie chère, c’est d’abord augmenter les salaires et effacer cette injustice scandaleuse qui veut que notre pays s’enrichisse sans créer d’emplois ni augmenter les salaires. Il est aussi devenu urgent d’encadrer les loyers pour faire reculer la place croissante qu’ils prennent dans les dépenses des familles.
Chirac 3
Il faut plier les gaules. Il a été nommé ministre le 8 avril 1967 (je n’étais pas né), quand Brejnev dirigeait l’Union soviétique et Mao la Chine.
Bové
J’aime bien, mais je préfère Buffet.
Jospin
Parmi nous.
Bayrou
J’ai l’impression qu’il tourne en rond.
Le Pen
Sa fille et la petite fille de Mussolini, aujourd’hui dans le même groupe politique au Parlement européen : la famille est réunie.
Libéralisme
Quand on mesure l’échec des politiques libérales, leur coût social et environnemental, en Afrique, en Amérique latine ou en Europe, on pourrait croire que l’adhésion sans réserve d’une majorité des élites européennes au libéralisme s’apparente à une foi religieuse. Ce dogmatisme m’exaspère.
Blair
La communication n’est pas tout. Cela dit, Blair est parfois injustement caricaturé. On oublie souvent que la majorité des emplois créés en Angleterre sont des emplois publics. On oublie que le bras de fer que la BBC, télévision 100 % publique, a engagé avec lui lors de la guerre en Irak n’a été possible qu’en raison de l’absence d’interventionnisme politique dans les médias. Cependant, une idéologie d’inspiration libérale et un alignement docile sur la politique étrangère américaine noircissent incontestablement son bilan. Bonne chance à Gordon Brown.
Ordre juste
II y a dans notre société des femmes et des hommes si abîmés par le recul de leurs droits et de leur pouvoir d’achat qu’ils sont convaincus que leurs enfants vivront demain moins bien qu’eux. C’est pour eux que les socialistes ont un devoir de victoire. Derrière l’ordre juste, il y a une règle simple : pour éviter le désordre, il faut la justice sociale.
22 avril
Royal - Sarkozy.
Non
Les Français ont eu de multiples occasions de dire « non » depuis cinq ans, à la réforme Fillon sur les retraites, au CPE et au CNE, à l’arbitraire et aux discriminations dans les banlieues, au Traité constitutionnel européen. Cela a dessiné à tort l’image d’un peuple réfractaire au changement et à la modernité. C’est avec cette France-là que Sarkozy veut rompre, cette France rebelle à l’alignement sur le moins-disant social. Derrière ces « non » je vois un « oui » puissant et mobilisateur à la dignité et au respect.
Turquie
Son adhésion à l'U.E. est une question importante. Pour ma part et si l’ensemble des conditions politiques et démocratiques est respecté, j’y vois plus d’avantages que d’inconvénients. Je n’aime pas la manière dont Nicolas Sarkozy a fermé la porte à la Turquie sans véritable argument autre que religieux.
Hausse des impôts
Dire qu’il faudra demain engager une réforme globale de la fiscalité, qui comprend une hausse des prélèvements sur les revenus du capital me semble aller de soi.
Nouveau Parti Socialiste
Toujours mille raisons d’exister et, parmi elles, la VIème République.
Réchauffement climatique
Pour la première fois je me sens vraiment inquiet pour l’avenir de mes enfants. J’ai l’impression que le monde se consume autour de nous et que l’incendie ne cesse de grandir. II faut, dans ce domaine, des actes rapides sans concession face aux appétits destructeurs de ceux qui s’enrichissent sur le dos de la planète.
11:40 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : benoit hamon, vsd, interview, blog, nps, parti socialiste, présidentielles 2007
mercredi, 24 janvier 2007
Entretien (imaginaire) avec Pierre Mendès-France. Par Pierre Magnan
Pourquoi met-on si fortement en cause aujourd'hui notre système politique?
Pierre Mendès France : "Quand une politique est abandonnée par ceux qui ont été élus pour la faire, on les considère ou comme des incapables ou comme des trompeurs. La pensée tend à se faire jour - soigneusement entretenue par les ennemis de la République – que par l’effet de quelque vice incorrigible et cachée, le régime ne porte au pouvoir que des représentants indignes. L’idée même de démocratie est alors atteinte." (La république moderne, 1966)
Vous-même, vous avez souvent critiqué les institutions, notamment la Vème République
Pierre Mendès France : "Sous la IVème République , il n'y avait, en réalité, qu'un pouvoir : l'Assemblée ; le Gouvernement n'existait plus, il était dominé, écrasé, phagocyté * par le Parlement. Sous la Vème , il n'y a de nouveau qu'un pouvoir : l'exécutif, le Gouvernement ou plutôt le Président ; l'Assemblée ne joue aucun rôle, sinon de pure figuration. On est passé d'un extrême à l'autre.
Et l'élection du présdent de la République au suffrage universel ?
Pierre Mendès France : "Je ne pense pas qu'il soit sain et démocratique d'investir, comme aujourd'hui, de moyens aussi larges et aussi incontrôlés un seul homme et pour sept ans [...] Un homme élu par trente millions d'électeurs est forcément très puissant ; or, volontairement, on n'a prévu aucun contrepoids, aucun partage, aucune institution de contrôle ." (Choisir, 1974)
"Si sous la IVe République le gouvernement était comme dissous dans l’Assemblée, il est aujourd’hui dissous dans la personne du chef de l’Etat. (La république moderne, 1966)
On parle aujourd’hui de démocratie « participative ». Qu’en pensez-vous ?
Pierre Mendès France : "La démocratie ne se localise pas au sommet. Le bulletin de vote demeure symbolique si le citoyen se satisfait de cette forme de souveraineté. La volonté nationale ne peut triompher que si le peuple exerce directement son action au sein d’innombrables organisations locales ou nationales où sont traitées toutes les questions qui ont des conséquences sur la vie publique. Rien n’est plus en contradiction avec le principe de la philosophie de Ve république tout entière fondue sur la délégation de pouvoir." (La république moderne, 1966)
Et concrètement ?
Pierre Mendès France : "D’autres moyens doivent être mis en œuvre si l’on entend vraiment dépasser l’étape de la démocratie traditionnelle de représentation pour réaliser la démocratie de participation. L’existence de cercles, de coopératives, de groupements représentatifs dresse en face du pouvoir central un réseau de « pouvoirs de compensation » qui impose des bornes à l’envahissement bureaucratique.
Tout un système représentatif parallèle tend à s’établir. Le jour où il serait reconnu et consolidé par l’Etat, il formerait une nouvelle démocratie qui mettrait en œuvre quantité d’énergie aujourd’hui plus ou moins perdues et qui s’ignorent." (La république moderne, 1966)
On parle aujourd’hui de VIème République. Quel serait selon vous le bon système ?
Pierre Mendès France : "Dès lors que le gouvernement et le parlement sont face à face, chacun avec ses prérogatives, que l’Assemblée nationale a le droit de censurer le gouvernement, mais que ce dernier peut en appeler au pays en dernier ressort, la présence d’un arbitre supérieur, gardien de la Constitution et symbole de l’équilibre organisé devient, de toute évidence, nécessaire." (La république moderne, 1966)
Faut-il garder un président comme aujourd’hui ?
Pierre Mendès France : On est ainsi conduit à distinguer le rôle du chef de l’Etat et celui du chef du gouvernement et à rétablir un président de la République sans responsabilité directe, comme c’est le cas de tous les pays de démocratie parlementaire. (La république moderne, 1966)
Et que fait-on du Sénat ?
Pierre Mendès France : Si l’Assemblée du suffrage universel continue à exprimer les courants idéologiques qui s’opposent, la seconde assemblée peut-être conçue de manière à représenter les groupes sociaux et les intérêts professionnels, formes nouvelles auxquelles l’état doit reconnaître un rôle. (La république moderne, 1966)
Propos choisis par Pierre Magnan, journaliste.
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mardi, 16 janvier 2007
Benoît Hamon : Compte-rendu à mi-mandat
17:35 Publié dans Communiqués | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : abecedaire, mandat, parlement europeen, benoit hamon, hamon, ps, nps
samedi, 13 janvier 2007
L'anti-pub : déboires juridiques et devoir politique, par Yvan Lubraneski
Yvan Gradis et ses compagnons déboulonneurs, qui avaient barbouillé des affiches publicitaires à Paris le 28 Octobre dernier, passent aujourd'hui en correctionnelle pour dégradation de bien privé. L'infraction étant constituée, ils auront bien du mal à convaincre le juge qu'il s'agissait d'un acte de désobéissance civile, à vocation politique : leur façon, finalement, d'entrer en résistance.
Les anti-pub dénoncent la pollution visuelle exercée par la publicité, et réclament à juste titre un format maximal de 50x70cm pour les panneaux publicitaires. Il est vrai que la publicité envahit et traverse toute la société. Et, s'il vous est possible d'éteindre ou de supprimer le volume de votre télé à l'occasion d'un écran publicitaire, les panneaux plus grands les uns que les autres s'imposent à vos yeux dans le paysage, urbain ou rural.
Le philosophe Edgar Morin, qui soutient les militants anti-pub, estime qu'un "seuil de saturation", dans ce domaine, est atteint. "Ces militants sont des éveilleurs", déclare-t-il aujourd'hui dans Le Parisien.
Dès lors, pour ceux d'entre nous qui seraient éveillés, il est temps d'ouvrir le débat politique à ce sujet. Le Nouveau Parti Socialiste, courant du PS, a déjà eu l'occasion, dans ses contributions, notamment sur les médias, de s'inquiéter de la publicité et de s'intéresser à la recherche de solutions sur ces vastes sujets de société. Une interdiction totale des écrans publicitaires dans les programmes audiovisuels déstinés aux enfants est, par exemple, soutenue.
Sur l'interaction de la publicité avec l'environnement, une réflexion mérite d'être menée dans notre parti. D'autant qu'une fois de plus, là est le coeur de notre action future : faire que l'homme prime sur les lois du marché.
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mardi, 09 janvier 2007
Que faire de la Banque Centrale Européenne ? Par Benoît Hamon
(tribune publiée le 8/01/2006 dans le journal Les échos)
"Ce n'est plus à M. Trichet de décider de notre avenir, c'est aux dirigeants démocratiquement élus !". Cette phrase prononcée par Ségolène Royal lors du congrès des socialistes européens à Porto a fait couler beaucoup d'encre. Elle prolonge pourtant l'inquiétude de ceux qui constatent que, loin de se contenter de définir la politique monétaire, la Banque centrale européenne (BCE) outrepasse régulièrement les missions que lui assignent les traités.
Il y a plusieurs raisons à cela.
En premier lieu, les gouvernements ne peuvent plus être de véritables acteurs de la politique macroéconomique européenne. Exclus de la définition de la politique monétaire, ils sont aussi contraints dans leurs politiques budgétaires. Les critères du Pacte de stabilité et de croissance ainsi que les sanctions prévues contre les Etats contrevenants constituent la plus fameuse restriction à leurs marges de manoeuvre. De plus, la concurrence fiscale, la liberté de mouvement des capitaux et des contribuables, et le caractère quasiment intangible du secret fiscal dans le marché intérieur, exercent une pression constante à la baisse des prélèvements obligatoires et contribuent au resserrement des moyens affectés aux dépenses publiques et sociales.
En second lieu, cette inertie budgétaire nationale n'est pas compensée par une capacité d'action collective européenne. Le budget européen, limité à 1,04 % du PIB, est incapable de prendre le relais des moyens budgétaires défaillants des Etats. Il ne finance même pas les objectifs que les Etats membres se sont fixés dans le cadre de la stratégie de Lisbonne. Pis, en n'honorant pas la promesse de solidarité à l'égard des nouveaux Etats membres, ce budget les incite au dumping fiscal pour rattraper le retard de développement qu'aucun des investissements financés par l'Union ne leur permet de combler.
En troisième lieu, depuis le jeune couple qui guette l'évolution des taux pour acheter une maison jusqu'au cadre ou à l'ouvrier qui s'intéresse à la compétitivité de sa production libellée en euros face à la concurrence libellée en dollars, tous partagent avec leurs élus la même impuissance à pouvoir contrôler démocratiquement la politique menée par la BCE dans deux domaines : la fixation de ses taux directeurs et l'évolution du taux de change avec le dollar.
Il n'y a pourtant aucune fatalité. Tout le monde semble avoir oublié qu'en vertu des traités, c'est bien à l'échelon politique du Conseil que doivent se discuter les orientions de la politique de changes en lien avec la BCE chargée de les mettre en oeuvre. Le temps n'est d'ailleurs pas si lointain où les gouvernements décidaient de ne pas laisser faire. En 1995, l'évolution du dollar était corrigée par les Etats-Unis au moyen de simples déclarations coordonnées entre le gouvernement américain, la Réserve fédérale (Fed) et les gouvernements du G7. De même, en septembre 2000, la BCE stoppait la glissade de l'euro face au dollar avec une efficacité qui s'est confirmée dans les mois qui ont suivi. Bref, entre une orientation générale de politique de change et l'inaction, il y a un fossé que les traités permettent de combler.
La deuxième action politique d'importance serait de parvenir à une représentation unifiée de la zone euro dans les institutions financières internationales, le FMI en premier lieu. Cette voix unique pourrait contribuer à défendre efficacement les intérêts européens dans un système financier international instable et menacé par une possible " correction désordonnée des déséquilibres globaux ", en clair une crise financière sans précédent qui viendrait compenser en quelques jours les déficits cumulés depuis de nombreuses années entre les Etats-Unis et l'Asie.
Cependant, la relance de la construction européenne a besoin d'être adossée à une croissance durable qui implique que nous nous autorisions à réfléchir au-delà de l'interprétation stricte des traités.
Si l'on accepte de s'affranchir d'une approche strictement juridique pour privilégier une approche plus politique, deux questions méritent d'ouvrir le débat avec nos partenaires : le mandat de la BCE et le contrôle politique de son action.
On présente toute modification des traités concernant la BCE comme une révolution. Soyons sérieux. Les plus radicaux ne proposent pas plus " révolutionnaire " que d'épouser le modèle monétaire des Etats-Unis !
Le mandat de la Fed comprend en effet la recherche du plein-emploi, quand celui de la BCE met au premier plan l'objectif de la stabilité des prix, reléguant au second la croissance et l'emploi.
Quant au contrôle politique qu'exercent le Congrès et l'exécutif des Etats-Unis sur l'action de la Fed, il tient à quatre instruments : les auditions régulières au Congrès, l'intervention du Congrès et du président dans les nominations, le fait que le pouvoir fédéral contrôle un budget équivalent à 20 % du PIB, la capacité du Congrès à modifier le système par le biais d'une simple loi. Ces deux derniers éléments font cruellement défaut dans le système européen.
A partir de ce modèle, de ses résultats et de la souplesse qu'il a montrée dans les périodes de crise, nous devons engager l'évaluation de la BCE en vue d'une révision de son mandat et de son pouvoir. Cela passe d'abord par l'application réelle des traités. Cela supposera plus tard de les modifier.
J'ai entendu que l'on s'émouvait de l'hétérodoxie monétaire de Ségolène Royal. Outre qu'elle est en phase avec son parti et en résonance avec une grande majorité de l'opinion qui mesure dans sa vie quotidienne l'échec des politiques en cours, Ségolène Royal illustre concrètement comment réarmer le politique car sans modification des règles du jeu en Europe, toute rénovation démocratique nationale serait marginale.
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mardi, 02 janvier 2007
Bonne année (Mendès-) France ! Par Yvan Lubraneski
Le 11 Janvier 1907, il y a 100 ans, naissait Pierre Mendès-France. Une conception exigeante de la politique aussi.
En Juillet 1936 il est le seul député de gauche à voter contre la participation de la France aux Jeux Olympiques de Berlin. Cet épisode annonce la singularité et l'itinéraire droit de ce précurseur de la pratique politique moderne, telle qu'on peut espérer aujourd'hui et demain qu'elle existe. Ses engagements nous apparaissent aujourd'hui, à la lumière de l'actualité nationale et internationale, criants de vérité. Loin de prétendre la traduire au présent, la démarche de Pierre Mendès-France mérite au moins, en ce début d'année 2007, d'être rapprochée de nos préoccupations actuelles.
De la pratique politique, il a toujours exprimé un devoir de vérité : "Certains redoutent qu'un langage loyal et ferme sur la situation présente n'entraîne le découragement. C'est qu'ils n'ont pas foi dans la volonté et dans l'aptitude de la nation à se redresser. Pour eux, la France, épuisée physiquement et nerveusement, est incapable de supporter la vérité (...) La France peut supporter la vérité." La démagogie et le mensonge ont encore de beaux jours devant eux : le devoir de vérité qu'il faut leur opposer, aussi.
De la pratique politique encore, il place le citoyen au coeur de la démocratie. Il estime que cette dernière ne peut être viable qu'à cette condition. Outre l'importance de la démocratie réellement représentative (ci-après), il aurait probablement soutenu le développement de formes multiples de démocratie participative.
De la République et de ses institutions. Avant et pendant sa Présidence du Conseil (Juin 54 - Février 55), puis sous la Vème République, que nous avons encore l'honneur de subir, Pierre Mendès-France cherche un compromis entre l'héritage républicain, les aspirations démocratiques et l'idéal socialiste. Dans "La République moderne", il dénonce le déséquilibre des pouvoirs, notamment en faveur d'un Président surpuissant. Résolument parlementariste, il ne souhaite pas pour autant un retour à l'instabilité politique de la IVème République. Pour Mendès-France, le Gouvernement doit être investi puis contrôlé quotidiennement par l'Assemblée Nationale et, pour garantir une certaine stabilité et donner aux gouvernements le temps nécessaire à l'action politique, il propose un contrat de législature entre le Gouvernement et le Parlement, et donne au Président - l'arbitre - le pouvoir de dissoudre l'Assemblée en cas de renversement du Gouvernement, afin de permettre aux citoyens de reprendre la main. Pierre Mendès-France nous aurait-il donc soutenu aujourd'hui dans notre volonté de faire naître une VIème République parlementaire ? Dans cette perspective, aurait-il été, comme il le fut jusqu'à sa mort, contre l'élection du Président au suffrage universel ? Et l'introduction de la proportionnelle dans les scrutins, ou le vote des étrangers, ou le non-cumul des mandats : pour ? contre ? Laissons chacun libre de spéculer sur les prolongements possibles de sa pensée.
De la politique étrangère, Pierre Mendès-France le décolonisateur s'empare, à l'occasion de sa Présidence du Conseil et en assumant aussi la direction de la diplomatie, du délicat règlement de la situation en Indochine, qui aboutit en Juillet 54 aux Accords de Genève. Il entame aussi un processus de négociation pour préparer la Tunisie à son émancipation. Enfin, il consacre du temps, dans ses dernières années, à la recherche de solutions pacifiques au conflit israélo-palestinien. Il organise notamment des rencontres entre les parties concernées. Nul doute cette fois que Pierre Mendès-France serait particulièrement sensible aujourd'hui à l'embourbement proche-oriental, et préconiserait une diplomatie française active dans ce domaine, strictement indépendante de la politique étrangère américaine.
Une nouvelle année se traduit par un pas de plus vers l'avenir. Le présent, lui, commande aux socialistes français d'agir de façon exemplaire si l'alternative politique leur échoit. Et la lecture du passé donne souvent les clés de l'excellence de cette exemplarité.
12:15 Publié dans Contributions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mendès-france, nps, ps, psu, 2007, centenaire, histoire







